» Catégorie : economie


Cameroun – Tiko : une commission mixte pour évaluer les dégâts de l’incendie

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A l’heure actuelle, on estime que 800 boutiques sont détruites et les pertes se chiffrent en milliards de francs Cfa.

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Une commission mixte d’évaluation des pertes occasionnées par l’incendie du marché de Tiko est à pied d’œuvre sur les lieux. Dans le même temps, l’opération d’identification des victimes continue. Une enquête est également ouverte pour établir les responsabilités des uns et des autres et déterminer la provenance du feu.

A l’heure actuelle, on estime que les pertes se chiffrent en milliards de francs Cfa et près de 800 boutiques ont été réduites en cendres dans l’incendie qui s’est déclenché au soir du 2 mars 2010.

En attendant les résultats officiels de l’enquête, l’on parle déjà d’installations électriques non-conformes, avec des fils dénudés et des branchements hasardeux. En plus de l’absence du corps des sapeurs pompiers dans la région du Sud-Ouest, l’ampleur des dégâts serait dû aux constructions anarchiques.
En attendant les résultats officiels de l’enquête, l’on parle déjà d’installations électriques non-conformes, avec des fils dénudés et des branchements hasardeux. En plus de l’absence du corps des sapeurs pompiers dans la région du Sud-Ouest, l’ampleur des dégâts serait dû aux constructions anarchiques.

Les boutiques du marché étaient construites en désordre et en matériaux provisoires de récupération. Avant l’incendie du marché de Tiko, ceux de Mokolo à Yaoundé, de Douala, de Limbé et de Kumba ont connu le même sort.
Le marché de Tiko étaient un marché sous régional avec notamment des échanges économiques avec le Nigéria. Cette ville située dans le département du Fako est désormais sans marché et les habitants se ravitaillent dans les marchés de Buéa, Mutenguéné ou Limbé.

L’activité principale dans cette ville est la culture de l’hévéa et la récolte de caoutchouc brut. Dès l’effectivité de la décentralisation, les communes ne disposant pas de corps de lutte contre les flammes pourraient s’en doter.
 

Cameroun : Dans l’univers des restaurants Sénégalais « Dakéré »

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Ces restaurants sénégalais aiguisent les appétits des travailleurs à partir de midi dans les quatre coins de la ville de Douala.

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Restaurant sénégalais La Terranga au quartier Akwa à Douala, il est 12 heures. Dans la salle, les chaises sont toutes occupées. Des bruits de plats et de cuillères sont incessants en ce début d’après-midi. Les premiers clients déjà servis et dégustent avec appétit. Une jeune fille d’un teint clair déambule dans toute la salle. Elle, c’est Aïcha, la serveuse de la Terranga. Toutes les secondes, elle est sollicitée par les clients : « Aïcha par ici, Aïcha par là ». La jeune fille n’en peut plus. Elle s’échappe parfois pour prendre un verre d’eau avant de reprendre le travail. Au comptoir, elle se bat avec la commande des clients et les comptes du patron.

Depuis plusieurs années déjà, les restaurants sénégalais (communément appelé « Dakéré ») comme la Terranga font le bonheur des travailleurs et habitants de ce coin. La « bouffe » est prête ici autour de midi. Le menu généralement accroché à l’entrée du restaurant est le même tous les jours : riz sénégalais, riz Yassa, rognon, bifteck, spaghettis sautés avec de la viande, lait caillé, poisson et poulet braisé, riz agrémenté de sauce arachide et viandes archée. Les prix des plats oscillent entre 500 et 2000 francs Cfa. Le client a également la possibilité d’emporter son plat. Toutefois, il doit ajouter une somme de 100 à 200 francs Cfa sur la facture ordinaire, représentant le prix du plat en plastique.

Comme rafraîchissants, ces restaurants offrent entre autres des jus d’oseilles, des gingembre et de la bière de maïs (le bil bil). Annette Kayo est commerciale dans une entreprise d’assurance. Elle explique qu’elle ne passe pas une semaine sans se régaler au moins deux fois dans ce restaurant. Dans plusieurs entreprises, c’est d’ailleurs devenu un rituel tous les après midi. Quelques responsables de ces restaurants sénégalais ont d’ailleurs mis sur pied des livraisons à domicile compte tenu de la demande.

Youssouf, gérant d’un restaurant sénégalais, explique que pour un bon restaurant il faut employer en moyenne une dizaine de personnes. En général, dans ces restaurants, la préparation et la cuisson des plats est réservée aux ressortissants sénégalais. Quelques gérants de ces restaurants recrutent des filles de nationalité camerounaise pour assurer le service. Quant à la caisse, les patrons assurent en général eux même la gestion.

Quelques ressortissants du Mali et de la Guinée se sont déjà spécialisés dans ce type de restaurants. Installés dans des quartiers résidentiels comme Akwa et Bonanjo, les marchés, les alentours de l’université de Douala, les restaurants sénégalais se sont fait au fil du temps un nom et une réputation. « J’adore les restaurants sénégalais. La cuisson des plats y est très spéciale et appétissante. », apprécie Adeline Tsafack, à la sortie du restaurant sénégalais de l’université de Douala. Elle confie que depuis son arrivée à l’université, c’est dans ce restaurant qu’elle s’approvisionne au quotidien.
 

Yaoundé: L’entrepreneur soutient la thèse du dynamitage de l’immeuble de Nkolndongo

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Dany Yoho, entrepreneur en bâtiment et responsable du chantier de l’immeuble qui s’est effondré jeudi 25 février dernier au quartier Nkolndongo à Yaoundé, s’est fait une conviction : « La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage »,

affirme-t-il (lire ci-dessous l’intégralité de son interview). Déclaré porté disparu après l’accident, il sort de sa réserve et accuse : « C’est un acte de sabotage ». Un acte de sabotage de qui ? Dany Yoho n’en dit mot.

D’après nos sources, les agents de police du commissariat de Nkolndongo ont été chargés de l’enquête. Les mêmes sources indiquent que les auditions de plusieurs personnes ont déjà été faites. Rien n’a cependant filtré. Mais à ce jour, les seules interpellations portées à notre connaissance sont celles de présumés voleurs pris la main dans le sac, alors qu’ils pillaient les décombres de l’immeuble, notamment les fers à béton.

Le bilan officiel du drame reste pour l’instant inchangé : plusieurs blessés, quatre morts, dont trois issus de la famille de Cyprien Enyegué, maçon, l’un des responsables du chantier. Celui-ci déplore d’ailleurs, parmi les victimes, la disparition de sa femme. Les dégâts matériels, selon diverses sources, s’élèveraient à plusieurs dizaines de millions de Fcfa. Près d’une semaine après l’incident, le mystère plane toujours sur ce qui s’est réellement passé. L’hypothèse d’un dynamitage, qui n’est désormais plus écartée, épaissit davantage le mystère. Nos sources font état de descentes d’experts sur le terrain, pour divers prélèvements et constats.

Le Jour a appris qu’un certificat de salubrité indique que l’immeuble non bâti de Nkolndongo, d’une superficie de 198 m2, est salubre à l’édification d’une construction à usage d’habitation. Il est signé par le chef du service de l’environnement et de l’hygiène de la Communauté urbaine de Yaoundé. D’autres éléments en notre possession montrent que la demande de permis de construire introduite le 10 décembre 2008 par le propriétaire de l’immeuble a abouti le 16 avril 2009 à un arrêté signé par le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, lui « accordant un permis de construire » sur un terrain objet du titre foncier n° 23 850/Mf.

Cet arrêté du délégué du gouvernement précise en son article 1er qu’il revient au demandeur (le propriétaire) de se « conformer aux plans et documents annexés au (…) permis, aux dispositions réglementaires en matière de construction ». Le même arrêté liste une série de conditions spéciales auxquelles doit se soumettre le propriétaire. Parmi celles-ci, l’article 10 ainsi libellé : « Le préfet, le sous-préfet, le délégué du gouvernement, les fonctionnaires du ministère des Travaux publics et leurs délégués peuvent à tout moment visiter la construction en cours et procéder aux vérifications qu’ils jugent utiles ».

Ces visites et vérifications prévues par les textes ont-elles effectivement été faites ? Quand ? Ont-elles donné lieu à des observations permettant de corriger d’éventuels manquements ? Lesquelles ? Des questions pour l’instant sans réponses, qui interrogent l’efficacité du dispositif réglementaire mis en place, pour limiter d’éventuels errements de promoteurs véreux. Dans un tel contexte, quid des indemnités aux victimes ? A Nkoldndongo, on fait état de rencontres entre le propriétaire de l’immeuble effondré et les familles des victimes.

Dany Yoho: «La manière dont l’immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage»

L’entrepreneur du chantier de Nkolndongo penche pour l’hypothèse d’un acte de sabotage.

Vous êtes l’entrepreneur de l’immeuble qui s’est effondré à Nkolndongo. Que s’est-il passé jeudi soir ?

J’ai fait un déplacement pour Douala deux jours avant le drame. En principe, je devais rentrer jeudi dernier, c’est-à-dire le jour de l’accident. Mais une crise de paludisme m’a empêché de prendre le volant pour retourner à Yaoundé. J’ai donc dû décaler mon retour de quelques heures. Mais ce même jeudi, à 21h30mn, mon représentant sur le chantier, Cyprien Enyégué m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il a appris que l’immeuble en construction s’est effondré à Nkolndongo. Aussitôt, j’ai appelé l’électricien qui était sur le site, mais les bruits que j’ai entendus en fond sonore m’ont terrifié, avant même qu’il ne me confirme l’effondrement de l’immeuble. J’étais abattu. La première chose qui m’est venue à l’idée c’était de lui demander s’il y avait des personnes dans l’immeuble. Il m’a répondu qu’il y avait le carreleur, ses trois aides et le gardien de l’immeuble. J’ai appelé le carreleur pour me rassurer. Un de ses aides ne répondait pas au téléphone.

Vous êtes, dit-on, porté disparu depuis l’effondrement de l’immeuble. Etes-vous en fuite ?

Je vous répète que je n’étais pas à Yaoundé le jour du drame. J’ai dû prolonger mon séjour à Douala pour des raisons de santé et l’annonce de l’effondrement de l’immeuble ne pouvait que m’affecter davantage. Mais je suis rentré à Yaoundé vendredi soir, c’est-à-dire le lendemain de l’accident. Mon téléphone est resté ouvert tout ce temps, j’ai répondu à plusieurs coups de fil. Je n’étais pas du tout caché. Mais on m’a conseillé la prudence, compte tenu des risques auxquels je m’exposais si je me rendais sur le site du drame. Mais je voulais bien être là, pour comprendre ce qui s’est passé.

Précisément, on vous accuse d’avoir construit un immeuble sans obtenir les autorisations nécessaires et sans avoir respecté les normes en la matière…

En ce qui concerne les autorisations administratives, j’affirme que nous avons obtenu tous les documents administratifs nécessaires avant de lancer les travaux sur le chantier. Le 10 décembre 2008, en effet, nous avons déposé une demande de permis de construire à la Communauté urbaine de Yaoundé comprenant un dossier technique indiquant les hauteurs, les matériaux utilisés, le plan, les différentes coupes du plan… Le 16 avril 2009, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a signé l’arrêté accordant un permis de construire à mon patron. Le permis de construire parle d’un bâtiment à sous-sol, rez-de-chaussée plus quatre étages. Or le sous-sol n’a pas été utilisé, le rez-de-chaussée n’avait pas sa charge en mur, il n’y avait que les poutres et nous avions effectivement quatre étapes de structure. Le matériau utilisé sur le chantier répondait aux normes. Nous utilisions du fer importé. Le ciment était celui produit au Cameroun. Les poteaux qui soutenaient l’immeuble avaient un diamètre de 33 X 2 (64). Mon avis sur ce qui s’est passé est que cet immeuble a souffert d’une rupture brusque dans sa structure. Le choc que l’immeuble a reçu correspond à la manière dont il est tombé. Qu’un immeuble s’asseye sur lui-même en quelques secondes après un craquement ou une explosion, selon certains témoins, ne peut qu’être un acte de sabotage. La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage.

D’aucun remettent en cause vos qualifications, celle du personnel employé sur ce chantier et surtout la vitesse avec laquelle l’immeuble a poussé de terre…

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

Réaction

Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

 J’ai fait un déplacement pour Douala deux jours avant le drame. En principe, je devais rentrer jeudi dernier, c’est-à-dire le jour de l’accident. Mais une crise de paludisme m’a empêché de prendre le volant pour retourner à Yaoundé. J’ai donc dû décaler mon retour de quelques heures. Mais ce même jeudi, à 21h30mn, mon représentant sur le chantier, Cyprien Enyégué m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il a appris que l’immeuble en construction s’est effondré à Nkolndongo. Aussitôt, j’ai appelé l’électricien qui était sur le site, mais les bruits que j’ai entendus en fond sonore m’ont terrifié, avant même qu’il ne me confirme l’effondrement de l’immeuble. J’étais abattu. La première chose qui m’est venue à l’idée c’était de lui demander s’il y avait des personnes dans l’immeuble. Il m’a répondu qu’il y avait le carreleur, ses trois aides et le gardien de l’immeuble. J’ai appelé le carreleur pour me rassurer. Un de ses aides ne répondait pas au téléphone.

Vous êtes, dit-on, porté disparu depuis l’effondrement de l’immeuble. Etes-vous en fuite ?

Je vous répète que je n’étais pas à Yaoundé le jour du drame. J’ai dû prolonger mon séjour à Douala pour des raisons de santé et l’annonce de l’effondrement de l’immeuble ne pouvait que m’affecter davantage. Mais je suis rentré à Yaoundé vendredi soir, c’est-à-dire le lendemain de l’accident. Mon téléphone est resté ouvert tout ce temps, j’ai répondu à plusieurs coups de fil. Je n’étais pas du tout caché. Mais on m’a conseillé la prudence, compte tenu des risques auxquels je m’exposais si je me rendais sur le site du drame. Mais je voulais bien être là, pour comprendre ce qui s’est passé.

Précisément, on vous accuse d’avoir construit un immeuble sans obtenir les autorisations nécessaires et sans avoir respecté les normes en la matière…

En ce qui concerne les autorisations administratives, j’affirme que nous avons obtenu tous les documents administratifs nécessaires avant de lancer les travaux sur le chantier. Le 10 décembre 2008, en effet, nous avons déposé une demande de permis de construire à la Communauté urbaine de Yaoundé comprenant un dossier technique indiquant les hauteurs, les matériaux utilisés, le plan, les différentes coupes du plan… Le 16 avril 2009, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a signé l’arrêté accordant un permis de construire à mon patron. Le permis de construire parle d’un bâtiment à sous-sol, rez-de-chaussée plus quatre étages. Or le sous-sol n’a pas été utilisé, le rez-de-chaussée n’avait pas sa charge en mur, il n’y avait que les poutres et nous avions effectivement quatre étapes de structure. Le matériau utilisé sur le chantier répondait aux normes. Nous utilisions du fer importé. Le ciment était celui produit au Cameroun. Les poteaux qui soutenaient l’immeuble avaient un diamètre de 33 X 2 (64). Mon avis sur ce qui s’est passé est que cet immeuble a souffert d’une rupture brusque dans sa structure. Le choc que l’immeuble a reçu correspond à la manière dont il est tombé. Qu’un immeuble s’asseye sur lui-même en quelques secondes après un craquement ou une explosion, selon certains témoins, ne peut qu’être un acte de sabotage. La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage.

D’aucun remettent en cause vos qualifications, celle du personnel employé sur ce chantier et surtout la vitesse avec laquelle l’immeuble a poussé de terre…

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

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Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

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Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

Yaoundé: L’entrepreneur soutient la thèse du dynamitage de l’immeuble de Nkolndongo dans economie shim

 

 

 

J’ai fait un déplacement pour Douala deux jours avant le drame. En principe, je devais rentrer jeudi dernier, c’est-à-dire le jour de l’accident. Mais une crise de paludisme m’a empêché de prendre le volant pour retourner à Yaoundé. J’ai donc dû décaler mon retour de quelques heures. Mais ce même jeudi, à 21h30mn, mon représentant sur le chantier, Cyprien Enyégué m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il a appris que l’immeuble en construction s’est effondré à Nkolndongo. Aussitôt, j’ai appelé l’électricien qui était sur le site, mais les bruits que j’ai entendus en fond sonore m’ont terrifié, avant même qu’il ne me confirme l’effondrement de l’immeuble. J’étais abattu. La première chose qui m’est venue à l’idée c’était de lui demander s’il y avait des personnes dans l’immeuble. Il m’a répondu qu’il y avait le carreleur, ses trois aides et le gardien de l’immeuble. J’ai appelé le carreleur pour me rassurer. Un de ses aides ne répondait pas au téléphone.

Vous êtes, dit-on, porté disparu depuis l’effondrement de l’immeuble. Etes-vous en fuite ?

Je vous répète que je n’étais pas à Yaoundé le jour du drame. J’ai dû prolonger mon séjour à Douala pour des raisons de santé et l’annonce de l’effondrement de l’immeuble ne pouvait que m’affecter davantage. Mais je suis rentré à Yaoundé vendredi soir, c’est-à-dire le lendemain de l’accident. Mon téléphone est resté ouvert tout ce temps, j’ai répondu à plusieurs coups de fil. Je n’étais pas du tout caché. Mais on m’a conseillé la prudence, compte tenu des risques auxquels je m’exposais si je me rendais sur le site du drame. Mais je voulais bien être là, pour comprendre ce qui s’est passé.

Précisément, on vous accuse d’avoir construit un immeuble sans obtenir les autorisations nécessaires et sans avoir respecté les normes en la matière…

En ce qui concerne les autorisations administratives, j’affirme que nous avons obtenu tous les documents administratifs nécessaires avant de lancer les travaux sur le chantier. Le 10 décembre 2008, en effet, nous avons déposé une demande de permis de construire à la Communauté urbaine de Yaoundé comprenant un dossier technique indiquant les hauteurs, les matériaux utilisés, le plan, les différentes coupes du plan… Le 16 avril 2009, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a signé l’arrêté accordant un permis de construire à mon patron. Le permis de construire parle d’un bâtiment à sous-sol, rez-de-chaussée plus quatre étages. Or le sous-sol n’a pas été utilisé, le rez-de-chaussée n’avait pas sa charge en mur, il n’y avait que les poutres et nous avions effectivement quatre étapes de structure. Le matériau utilisé sur le chantier répondait aux normes. Nous utilisions du fer importé. Le ciment était celui produit au Cameroun. Les poteaux qui soutenaient l’immeuble avaient un diamètre de 33 X 2 (64). Mon avis sur ce qui s’est passé est que cet immeuble a souffert d’une rupture brusque dans sa structure. Le choc que l’immeuble a reçu correspond à la manière dont il est tombé. Qu’un immeuble s’asseye sur lui-même en quelques secondes après un craquement ou une explosion, selon certains témoins, ne peut qu’être un acte de sabotage. La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage.

D’aucun remettent en cause vos qualifications, celle du personnel employé sur ce chantier et surtout la vitesse avec laquelle l’immeuble a poussé de terre…

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

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Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

 

SDF: une soixantaine de dissidents annonce leur départ

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Yaoundé, 23 Février 2010
© Guy Modeste DZUDIE | Le Messager

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Une fois de plus, le chant de la dissidence au sein du Front social démocrate (SDF en anglais) est entonné à partir de la région de l’Ouest.

 

Une fois de plus, le chant de la dissidence au sein du Front social démocrate (SDF en anglais) est entonné à partir de la région de l’Ouest. C’est ainsi que ce dimanche 21 février 2010, Toukouo Hamadou, partant de Massagam, a parcouru environ 200 kilomètres pour venir assister à une réunion à Bafoussam. Le groupe se réunissant est constitué de près de 60 cadres déçus ou déchus du SDF à l’Ouest et dans le département du Moungo dans la région du Littoral. «Nous sommes là pour exprimer notre déception par rapport à la gestion du SDF. Les gens du Nec (Comité exécutif national, ndlr) nous manquent de considération. Ils ont constitué une commission dite de réorganisation, cette dernière est venue à Massagam installer un bureau parallèle de Circonscription électorale (Ce), sans au préalable m’informer, président démocratiquement élu de la Ce depuis 1990», indique ce dernier. Censeur au lycée de Bana et rapporteur dudit conclave, Maurice Nzakou s’estime lui aussi victime d’une manœuvre similaire au niveau de la Ce du SDF à Kékem. A l’en croire, aucun militant de cette Ce ne sait à quel moment on a organisé une conférence élective pour remplacer le président qu’il était. D’après cet enseignant, le travail opéré par la commission de réorganisation des structures du SDF dans les différentes régions du pays, et surtout à l’Ouest, «n’est ni conforme aux statuts ni au règlement intérieur du parti». «A l’unanimité, nous avons convenu que ça ne vaut pas la peine de rester dans un bateau où on ne nous prend plus au sérieux. A partir de maintenant, nous n’allons plus nous reconnaître comme militant de ce parti. Nous sommes tous d’accord qu’il faut démissionner. Il ne reste plus que la formalisation de cette démission», explique-t-il. Avant d’ajouter: «Lorsqu’on a déjà commencé à faire la politique, on ne peut démissionner pour aller rester à la maison».

Une spirale à l’infini

Excluant l’hypothèse d’une rentrée dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le groupe des dissidents opte ainsi pour la création d’une nouvelle formation politique. Ce qui passerait nécessairement par un travail de sensibilisation pour rallier plusieurs militants ou ex militants de base du SDF à leur cause. «Je suis entré au SDF par conviction. Je croyais à l’idéal de démocratie traduit par le slogan «pouvoir au peuple». Les promesses qu’on nous a faites par rapport à gestion de la société n’ont pas été respectées. Nous avons pris des risques pour rien» Plusieurs membres, l’ex bureau régional du SDF à l’Ouest se trouvent dans cette dynamique. Il s’agit notamment de Denise Tchouta Pokam, conseillère municipale et ex secrétaire administratif, et d’Edouard Mboulefack, ex-secrétaire provincial à l’organisation. Par contre, Romuald Tamo, ex-président provincial du SDF à l’Ouest exclu du parti récemment était le grand absent.

Pour qui connaît le SDF, l’on devine que les fidèles de Fru Ndi notamment Deffo Oumbé Sangong et Evariste Fotso Fopoussi ne tarderaient pas à organiser une riposte. Surtout que l’on ne sait pas ce que préparent les deux responsables (Pierre Kwemo et Serge Noumba) récemment sanctionnés par le comité exécutif national du parti de la balance. Ce qui pourrait pour indiquer que la fin des affrontements pour la gestion interne au SDF n’est pas pour demain.

YAOUNDE: Des quartiers sans électricité

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YAOUNDE: Des quartiers sans électricité

YAOUNDE – 23 FEV. 2010
© Monica NKODO | Cameroon Tribune

La multiplication et le prolongement des coupures depuis quelques jours, sont le fait de travaux de maintenance.

 

Sa soirée de dimanche, la famille Nkenfack de Biscuiterie à Yaoundé l’a passée dans le noir. « Nous avons été privés d’électricité à 6h du matin. Et elle n’est revenue que lundi matin », raconte Ariane B, l’aînée des enfants. Le gérant du moulin à écraser du quartier explique qu’il a eu un gros manque à gagner. « La machine n’a pas pu fonctionner faute d’électricité. Ce matin, tout est rentré dans l’ordre », se réjouit-il, avant de retourner à sa besogne. A Biyem-Assi Stade, Souleymane K. tailleur, s’affaire dans son atelier. L’électricité est revenue, il y a quelques minutes, et il faut rattraper le retard de la veille. « Dans notre secteur, il est vrai que le courant est revenu plus tôt que chez d’autres riverains du quartier. La fête du 8 mars approche, alors les clientes affluent et les coupures ne sont pas vraiment faciles à vivre, surtout pour l’étape de repassage », a-t-il expliqué.

Dans ce secteur de Yaoundé VI, chacun a vécu la journée de dimanche sans électricité, en affrontant une situation particulière. Raoul E. est employé dans un cybercafé à Etoug-Ebe. Hier, les clients étaient de retour. Selon le jeune homme, « la coupure n’a pas duré dans notre secteur. C’était comme toujours. Ça va et ça vient. On fait avec, même si cela nous ralentit dans le travail.» Les habitants de Yaoundé VI n’était pas les seuls dans le noir dimanche dernier. Des habitants d’Emana ont mentionné le même problème. C’est le cas également dans un secteur du quartier Briqueterie où les riverains se sont plaints d’une journée sans électricité. « C’est pareil tous les jours. Nous n’avions pas l’électricité depuis une semaine, alors nous ne nous sommes pas vraiment rendus compte de la coupure », a expliqué une jeune fille.

Beaucoup de consommateurs de ce coin du quartier Briqueterie ont d’abord pensé à une coupure causée par la forte pluie de la veille. Ce « dimanche noir » est justifié par des sources proches d’AES-Sonel. « Cette coupure était due aux travaux de maintenance que nous avons effectués durant le week-end, et qui avaient été annoncés depuis plusieurs jours déjà, via les médias. Plusieurs quartiers ont été privés d’électricité, mais brièvement. L’électricité a été rétablie dimanche soir pour certains. Et lundi matin chez les autres. Quoi qu’il en soit, le courant a été rétabli là où il avait été coupé à cause des travaux», explique-t-on du côté du distributeur.

Accord de partenariat économique: La CEMAC harmonise ses positions

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YAOUNDE – 23 FEV. 2010
© Alain TCHAKOUNTE | Cameroon Tribune

La réunion des ministres tenue hier à Douala a défini de nouvelles orientations.

Ils se sont quasiment répété, le ministre délégué au Minepat Yaouba Abdoulaye et le président de la Commission de la Cemac, Antoine Ntsimi. Depuis la dernière réunion du 25 mars 2008, des divergences ont vu le jour sur le front des négociations, ont-il déclaré hier à Douala à l’ouverture de la réunion des ministres de la CEMAC en charge des négociations APE et des ministres ordonnateurs de FED. Des désaccords liées notamment aux questions d’intérêts en Afrique centrale. Entre-temps par exemple, le Cameroun a signé seul un accord d’étape avec l’Union européenne. Lors des derniers sommets des chefs d’Etat de la CEEAC en octobre et de la CEMAC en janvier dernier, l’instruction a été donnée de conclure avec l’Union Européenne, un APE régional et ainsi, faciliter l’arrimage de la région à l’économie mondiale.

Depuis vendredi dernier à Douala donc, plusieurs experts ont planché sur les modalités de reprise des négociations entre la CEMAC et l’Union Européenne. Ceci devrait prendre en compte, selon le président de la Commission de la Cemac, des domaines comme le développement, la protection des consommateurs, la compatibilité avec les règles de l’OMC. D’autant que la question de l’annulation de l’accord d’étape signé par le Cameroun taraude les esprits et devrait être posée. Puisqu’on parle de reprise sereine des négociations pour la signature d’un accord de partenariat économique complet avec l’Union Européenne.

Selon Chantal Elombat, directeur de l’Intégration régionale au Minepat, concernant l’accès aux marchés, les experts proposent qu’on revienne à 60% de libéralisation, et 40%, d’exclusion. « Par rapport à ce que les Européens savaient, c’est un peu en net recul. Mais, c’est la volonté des Etats de l’Afrique centrale, par rapport à leurs économies, leur niveau de développement, c’est déjà une base sur laquelle on va reprendre les négociations avec les Européens. Les services, est-ce qu’il faut les inclure dans les négociations ? Les chefs d’Etat ont demandé que le développement soit inclus dans les négociations. Sur le financement, les Européens traînent un peu de la patte à véritablement financer cet APE qui va apporter des pertes au Cameroun et dans la sous-région. Et donc, tout cet aspect compensation, financement, impact fiscal net, c’est encore quelque à batailler assez fort avec l’Union européenne», explique-t-elle. En rappel, dans les ACP, une seule région, les Caraïbes, a jusqu’ici signé cet APE. Le reste des zones, notamment l’Afrique centrale et de l’Ouest, bien que certains pays y ont signé des accords d’étape, n’ont pas encore signé l’APE du fait des difficultés d’intégration de la dimension développement dans ces accords.

 

Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Dg du Feicom: “Il n’y a pas de confusion possible entre les caisses du Feicom et mes revenus personnels”

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Le 16 Juin 2004
© Le Messager

…Après Bafut, fief du SDF, Ondo Ndong et ses lieutenants sont annoncés les 28 et 29 juin à Koutaba et Kouoptamo dans le Noun pour l’inauguration d’un marché et d’un hôtel de ville dont la construction a été financée par le Feicom…

Depuis quelques mois, les hiérarques du Rdpc ont entrepris de vastes opérations de prosélytisme politique à travers le pays. Ils financent à coups de millions l’obtention des cartes nationales d’identité pour les populations défavorisées, dans un objectif clair, assurer leur inscription sur les listes électorales, pour voter le moment venu, pour le candidat de ce parti. Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Directeur général du Feicom et membre du Comité central du Rdpc est de ceux-là qui ont inauguré ces opérations de marketing électoral. Et comme par enchantement, le Feicom est engagé depuis le 25 mai dernier, dans une campagne d’inauguration d’ouvrages dans les municipalités gérées par les partis de l’opposition. Après Bafut, fief du Sdf, Ondo Ndong et ses lieutenants sont annoncés les 28 et 29 juin à Koutaba et Kouoptamo dans le Noun pour l’inauguration d’un marché et d’un hôtel de ville dont la construction a été financée par le Feicom. Pour essayer de mieux comprendre les ressorts d’un tel déploiement, Le Messager a rencontré le Directeur général du Feicom.

Quelles sont les conditions que doivent remplir les communes pour accéder aux financements du Feicom ?

Avant de répondre à votre question, je tiens d’abord à remercier très sincèrement le journal Le Messager que je lis très régulièrement, même si parfois nous ne partageons pas les mêmes points de vue.

Ceci dit, vous voulez savoir les conditions qu’une commune doit remplir pour accéder aux financements du Feicom. Elles sont au nombre de quatre et toutes simples. Le premier élément à verser dans le dossier est une demande par laquelle le maire de la commune concernée nous saisit pour nous faire part de son projet en prenant soin de décrire sommairement ledit projet.

La deuxième pièce exigible est une délibération du conseil municipal, revêtue de la signature du maire et de chaque membre du conseil municipal et qui autorise le maire à solliciter un crédit auprès du Feicom. Cette délibération nous permet de savoir qu’effectivement, le projet envisagé a été souhaité par toutes les populations de la commune concernée représentées par le conseil municipal.

Le troisième document à présenter est le titre foncier ou de propriété. Cet acte doit être visé par les services régionaux du cadastre et accompagné d’un plan de localisation du terrain concerné.

La quatrième pièce enfin, est le compte administratif de la commune afin de mesurer sa capacité d’endettement.

Dès que ces quatre conditions sont remplies, il n’y a pas de raison que le dossier ne connaisse pas une suite favorable dans nos services. Ceci indépendamment de la situation géographique de la commune ou de sa coloration politique.

Bien évidemment il faut tenir compte de nos disponibilités financières qui sont, vous vous en doutez, bien limitées par rapport aux besoins multiples de nos 339 communes.

Quels genres de projets financez-vous ?

De manière générale, le Feicom finance sept types de projets en faveur des communes:

1.- Les bâtiments publics non générateurs de revenus. Ici, il peut s’agir des hôtels de ville, des écoles, des dispensaires, des foyers municipaux, des bibliothèques ou des musées etc…

2.- Les bâtiments publics susceptibles de générer des ressources, il s’agit en l’occurrence de la construction des ensembles commerciaux des marchés et de boutiques, comme celui qu’on a inauguré le 25 mai 2004 à Bafut. Ce peut aussi être des gares routières, des abattoirs, des chambres froides ou la construction d’infrastructures de type agricoles, artisanales, voire industrielles etc…

3.- Les Aménagements urbains non générateurs de revenus : il s’agit notamment des acquisitions de terrains pour la réalisation d’équipements publics, l’aménagement des voiries locales, d’espaces piétons, l’aménagement des cimetières, des réseaux urbains et ruraux d’électricité et d’éclairage public, des réseaux urbains d’adduction d’eau et les équipements de traitement des ordures ménagères et aménagements de décharges spécialisées.

4.- Les opérations d’urbanisme génératrices de revenus : sont concernées ici les acquisitions de terrain, les aménagements de lotissements et viabilisation de zones destinées à l’habitat.

5.- Le financement des études, qu’elles soient architecturales, d’ingénierie du bâtiment et du génie civil ou économiques…

6.- L’achat des véhicules : que ce soient des véhicules de service, de camions, d’engins de travaux publics, de véhicules de transport collectifs etc… Nous aidons les communes à renforcer leur parc automobile pour les rendre plus mobiles sur le terrain

7.- Les avances de trésorerie: Il s’agit ici des prêts de fonctionnement qui peuvent concerner le paiement d’arriérés de salaire, de facture d’eau, d’électricité ou de téléphone, le financement des frais de formation, la participation aux séminaires nationaux et internationaux, le financement de projet d’action culturelle (festivals, foires, expositions etc…).
Voilà les 7 domaines d’intervention du Feicom auprès des communes.

L’inauguration du marché municipal du Bafut a connu la présence de Monsieur Ni John Fru Ndi, quelle lecture faites-vous de cette présence ?

La lecture que j’en fais est toute simple. Je constate avec beaucoup de joie qu’en quatorze ans de démocratisation de la vie politique nationale, les mentalités des Camerounais ont beaucoup évolué. Les uns et les autres ont finalement intégré que le combat politique n’est pas un combat de gladiateurs ou de boxe comme aime souvent à le rappeler le Président Paul Biya. C’est plutôt un débat d’idées. J’ai donc particulièrement été très content de la présence de M. Fru Ndi à cette cérémonie, surtout qu’il a longtemps incarné ce que certains leaders de l’opposition camerounaise avaient baptisé eux-mêmes «l’opposition radicale». Ma joie a été beaucoup plus grande encore, lorsque, prenant la parole aux cours de cette cérémonie officielle, le Président National du Sdf a solennellement remercié le Président de la République S.E.M Paul Biya et à travers lui le gouvernement et le Feicom pour la construction de ce marché au profit d’une commune gérée par son parti politique. C’était quelque chose d’inédit, c’est la première fois que John Fru Ndi, que l’on sait par ailleurs très critique vis-à-vis des pouvoirs publics, félicite ouvertement et publiquement devant ses militants, le gouvernement de la République. C’est qu’il a reconnu à travers cette réalisation du Feicom que le Président Paul Biya œuvre sans distinction de parti politique, de religion ou de situation géographique, à la construction intégrale du Cameroun. C’est une victoire éclatante pour notre jeune démocratie que le leader de l’opposition camerounaise reconnaisse cela. C’est cet esprit démocratique que le Chef de l’Etat a toujours voulu inculquer à tout le peuple camerounais et principalement à l’opposition politique pour qu’elle devienne constructive. L’humilité et l’honnêteté intellectuelle nous recommandent de savoir reconnaître, quand quelque chose est bien faite et de l’apprécier à sa juste valeur. C’est ce que le Chairman du Sdf a fait l’autre jour en félicitant solennellement le Renouveau pour ses réalisations. C’est une avancée considérable de notre jeune démocratie que les autres leaders de l’opposition devraient intégrer.

Vous êtes une personnalité ressource d’accompagnement du Rdpc dans la Vallée du Ntem. C’est l’une des circonscriptions où les élites du Rdpc sont en conflit permanent. A quoi attribuez-vous ces luttes fratricides ?

Il ne faut rien dramatiser. Les luttes fratricides auxquelles vous faites allusion existent partout. Ceci ne justifie certainement pas cela, mais là où il y a déjà plus d’une personne, même au sein des frères d’une même famille, c’est normal qu’il y ait de temps en temps des points de vue contraires. Mais là où ça devient dramatique c’est lorsque ces divergences prennent le pas sur les actions de développement de tout un département ou franchissent les limites de ce département là pour alimenter la presse. Certes toutes ces luttes existent, mais dans la Vallée du Ntem nous restons soudés sur l’essentiel. C’est le soutien inconditionnel au Renouveau National et à l’homme qui l’incarne à savoir le Président Paul Biya. Nous allons une fois de plus le démontrer par un vote massif en sa faveur lors de la prochaine élection présidentielle. Car, tout ce que notre département compte aujourd’hui comme acquis sur tous les plans c’est grâce à lui que nous le devons.

Les personnalités ressources d’accompagnement sont accusées d’entraver le bon fonctionnement du Rdpc à la base …

Cela n’est pas possible dans la mesure où les attributions des uns et des autres sont bien délimitées et les champs d’action différents.

Je m’explique : Les responsables locaux du parti que sont les présidents des sections et des sous-sections sont les chefs du parti à la base. Ce sont eux qui représentent le président national au niveau de leur sous-section. Cela est très clair dans les textes de base du RDPC. Les gestionnaires du parti à la base ce sont ces camarades. Ce sont eux qui animent le parti dans nos villages et arrondissements.

Maintenant les Personnalités ressources d’accompagnement apportent un soutien moral, intellectuel, matériel ou financier. Et je dois préciser ici que les descentes des Personnalités ressources sur le terrain sont généralement circonstancielles. Mais de manière permanente, ce sont les élus locaux du parti qui animent localement le parti. Il n’y a donc pas de conflits de compétence possible. La personnalité ressource d’accompagnement envoyée par le Comité Central ne se substitue pas au président de section, au contraire, il lui apporte son soutien, son expertise et ses conseils. C’est donc un travail en symbiose. En ce qui concerne les trois sections du Département de la Vallée du Ntem, ce problème ne se pose pas.

Les élites du Rdpc sont engagées dans une campagne d’obtention des cartes d’identité pour les populations, est-ce que ce n’est pas une manière d’acheter les consciences ?

Vous parlez des populations et non des militants du Rdpc. Comment peut-on d’emblée savoir que cette personne que j’aide à établir une carte d’identité ira voter pour le compte du Rdpc. Non, soyons sérieux. Notre devoir en tant qu’élite politique, c’est de permettre à un grand nombre de citoyens de s’inscrire sur les listes électorales afin qu’ils exercent librement le moment venu leur droit civique et politique. Comme préalable pour cela, il faut avoir une carte nationale d’identité informatisée. Nous apportons donc une contribution à tous nos frères et sœurs qui n’en ont pas les moyens, ceci sans demander leur chapelle politique afin qu’ils puissent s’établir cette pièce officielle.

Heureusement le chef de l’Etat lui-même a contribué de manière significative à relever le nombre de détenteurs de cette nouvelle carte en baissant substantiellement le coût d’établissement à 2.500 FCFA. C’est donc un devoir républicain que d’aider ceux de nos compatriotes qui n’ont pas suffisamment de moyens afin qu’ils obtiennent cette pièce officielle qui est essentielle dans la vie d’un citoyen. Car, la carte d’identité ne sert pas seulement à aller voter. Vous ne pouvez rien faire, ni même vous déplacer si vous n’êtes pas détenteur de ce document administratif.

Dans la Vallée du Ntem d’où je suis originaire, j’ai modestement apporté un appui financier aux chefs locaux de notre parti pour que toutes les populations de leur ressort politique respectif s’inscrivent massivement sur les listes électorales. Bien évidemment il fallait commencer par leur établir des cartes d’identité informatisées. J’ai donc dégagé des moyens subséquents et beaucoup plus dans l’arrondissement d’Olamze où le problème se posait avec beaucoup plus d’acuité. Tout ceci vise un seul objectif : amener toutes les populations de la Vallée du Ntem en âge de voter, d’exprimer effectivement et librement leur droit de vote le moment venu.

D’où prenez-vous tous les moyens dont vous déployez pour satisfaire les demandes multiformes que vous enregistrez ? Les caisses du Feicom ne sont-elles pas menacées par ces vastes opérations de charité publique ?

D’emblée, je vais vous dire que le Feicom, statutairement a des missions bien précises. C’est accompagner le développement local en apportant aux collectivités territoriales décentralisées un certain nombre de réalisations parmi lesquelles l’accès aux services de base. C’est cette politique définie par les chefs de l’Etat que nous nous employons à mettre en action au quotidien. Quand nous posons donc des actions dans le cadre du Feicom qui est un instrument du gouvernement pour la lutte contre la pauvreté, nous le signalons comme tel. Mais lorsque c’est une action personnelle comme il nous arrive parfois d’en poser, nous le signalons aussi. Est-ce que ce faisant les caisses du Feicom ne sont pas menacées ? A ce propos, je dois sincèrement vous dire qu’il n’y a pas de confusion possible entre les caisses du Feicom et mes petits revenus personnels. Ceux qui me connaissent savent que même bien avant d’arriver au Feicom, j’ai toujours eu à partager le peu que Dieu me donne. C’est une disposition d’esprit. Je ne conçois pas que j’ai mille francs et qu’à côté de moi quelqu’un ne puisse pas manger parce qu’il lui manque cent francs. Partout où je suis passé, que ce soit à l’Université, au Ministère de l’Emploi, à l’Agriculture, j’ai toujours humblement été comme cela, sans qu’une caisse n’ait été menacée. Ici au Feicom, vous pouvez mener votre enquête vous êtes journaliste, vous verrez que le Feicom fonctionne normalement, les salaires des employés sont régulièrement payés, ils perçoivent même d’autres traitements extra salariaux, le Feicom remplit pleinement les missions, les communes ont vu leurs centimes additionnels augmenter d’un milliard à sept milliards par trimestre, les réalisations du Feicom à travers les communes sont visibles et appréciées par tous. Donc ce que vous appelez mes «vastes opérations de charité publique» ne menacent en rien les caisses du Feicom.

Propositions: Lettre de Réformes à M. Abah Abah Polycarpe, ministre de l’Economie et des Finances

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YAOUNDE – 21 janvier 2004
© Mutations

 Propositions: Lettre de Réformes à M. Abah Abah Polycarpe, ministre de l’Economie et des Finances dans economie cin_folder_hot

De l’urgence d’impulsion du capital-investissement dans le financement de l’Economie.

1 – Structure de financement des entreprises et design d’un système bancaire et financier

Chaque entreprise a besoin durant son cycle de vie de combiner les fonds propres et les fonds empruntés pour financer de façon adéquate ses activités (investissements et exploitation). La répartition entre les deux types de financements révèle la nature et la qualité de la structure financière de l’entreprise. Le design du système bancaire et financier d’un pays doit permettre de satisfaire aussi bien les besoins en fonds propres que les besoins en fonds empruntés des entreprises. Le schéma ci-après spécifie la structure fondamentale d’un système bancaire et financier par rapport aux besoins de financement des entreprises et de l’économie.

Un système bancaire et financier adéquat pour le financement de l’économie doit avoir quatre (4) composantes complémentaires et équilibrées: (i) les institutions du capital-investissement qui offrent des fonds propres et des fonds d’emprunt sous la forme des quasi-fonds propres; (ii) les institutions boursières qui permettent d’accéder aux fonds propres et aux fonds d’emprunt sous forme d’emprunts obligataires ; (iii) les institutions du marché des titres de créances négociables (Tcn) qui permettent d’accéder aux fonds d’emprunt uniquement; et (iii) les établissements de crédit (y compris la banque centrale et les institutions de microfinance) qui offrent les fonds d’emprunt sous forme de crédits et marginalement des fonds propres. Dans un tel système bancaire et financier, chaque entreprise a trois principales possibilités pour structurer son financement en fonction de ses besoins et de sa position dans son cycle de vie (création, développement, transmission): (a) faire appel privé à l’épargne (marché du non-coté ou du private equity) en s’adressant aux institutions du capital-investissement ; (b) faire appel public à l’épargne (marché du coté ou du public equity) en s’adressant aux institutions boursières ; et (c) faire recours au crédit en s’adressant aux établissements de crédit. Qu’en est-il du système bancaire et financier du Cameroun ou plus largement de la Cemac?

2– Principales variables explicatives de l’inadéquation du système bancaire et financier du Cameroun ou de la Cemac en général

En référence au modèle pertinent ci-dessus, le système bancaire et financier camerounais ou plus largement de la Cemac est structurellement multi-lacunaire, avec une composante mal organisée (marché bancaire), une composante encore en balbutiement (marché boursier), une composante inexistante (marché de titres de créance négociables) et une composante simplement méconnue et réprimée (marché du capital-investissement). Avec un système bancaire et financier structurellement multi-lacunaire, les notions d’équilibre et de complémentarité entre les composantes ainsi que le concept de cohérence d’ensemble ne sont pas envisageables, et son efficacité pour le financement de l’économie ne peut être que très limitée. Quelles peuvent être les variables explicatives d’un marché bancaire inadapté, d’un marché du capital-investissement méconnu et réprimé et d’un marché boursier dont l’organisation en cours reste sur une mauvaise trajectoire?

(i) Un système bancaire fondamentalement extraverti et sous le contrôle de la France. Le financement bancaire est souvent mal apprécié par vos services et le Gouvernement parce que fondé uniquement sur des statistiques de crédits intérieurs ignorant les crédits bancaires internationaux. Le tableau 1 ci-après retrace l’évolution récente du financement bancaire du Cameroun de 2000 à 2004, compte non tenu de l’apport des institutions de microfinance qui restent injustement exclues des services publics offerts par la Beac. Les crédits bancaires internationaux sont constamment supérieurs aux crédits intérieurs soit 56% en 2000 et 52% en 2004. L’Etat ne bénéficiant quasiment pas de crédits bancaires internationaux, l’on peut légitimement dire que l’économie est plus financée de l’extérieur (65% en 2000 et 59% en 2004) que de l’intérieur. Sachant que le marché bancaire local est contrôlé par les filiales des banques étrangères (81% en 2000 et 77% en 2004), alors les banquiers extérieurs contrôlent plus de 90% du financement de l’économie camerounaise: c’est cela un système bancaire fondamentalement extraverti et porté par les entrepreneurs étrangers.

Le financement bancaire du Cameroun est effectivement contrôlé par la France à travers deux canaux: les banques commerciales françaises et le trésor français avec l’assistance de la Banque de France. Premièrement, les banques françaises contrôlent en moyenne 61% des crédits internationaux et 65% des crédits intérieurs à l’économie. Ainsi, le marché bancaire est contrôlé à plus de 60% directement de Paris par les banques françaises. Les politiques de crédit des trois filiales des banques françaises qui contrôlent le marché, c’est-à-dire la Sgbc, la Bicec et le Clc, sont définies à Paris dans l’intérêt de l’économie française et non celle du Cameroun, et leurs fondés de pouvoirs locaux que vous invitez dans vos concertations n’ont qu’un rôle de mise en oeuvre. Deuxièmement, la Beac est contrôlée par le ministère français de l’économie, des finances et de l’industrie à l’aide des accords de coopération monétaire qui sont gérés par le trésor français et la Banque de France. La nature rentière et passive de la politique monétaire de la Beac (absence d’un conseil de politique monétaire et concentration du pouvoir entre les mains du seul gouverneur) garantie le maintien de l’étroitesse du marché intérieur du crédit dans l’intérêt de la préservation du quasi-monopole des banques françaises.

Vous avez lancé le 13 juin 2005 un appel aux banques pour qu’elles baissent leurs taux d’intérêts en cohérence avec les propos ci-après du Gouverneur de la Beac: «Les organes de décision de la Beac, à savoir le conseil d’administration et le comité ministériel m’ont demandé de faire en sorte que le crédit ne soit pas aussi cher. J’ai répondu que la Banque centrale n’a aucun moyen juridique d’exercer les pressions sur les banques. Il appartient aux autorités monétaires, c’est-à-dire aux ministres de l’économie et des finances de ramener leurs banques à la raison.» (Cameroon Tribune du 13 janvier 2004, page 5). Vous cautionnez ainsi, comme une simple caisse de résonance, l’inconsistance technique habituelle du Gouverneur de notre banque centrale néo-coloniale, préservatrice du quasi-monopole français et de la répression monétaire. Les taux d’intérêt des banques ne sont que des prix résultant de l’extrême étroitesse, du cloisonnement et de l’opacité du marché intérieur du crédit y compris le marché connexe des garanties où prédomine l’asymétrie d’information. C’est donc l’organisation, l’administration et la régulation du marché du crédit qui sont déficientes. Une banque centrale normale doit prioritairement s’en préoccuper dans une quête permanente de l’efficacité de sa politique monétaire pour laquelle le marché du crédit constitue le canal privilégié de transmission de ses actions à l’économie réelle. Si vous avez conscience de votre responsabilité d’autorité monétaire et Financière nationale, et si vous êtes réellement déterminés à opérer une mutation quantitative et qualitative du financement de l’économie par le crédit, nous vous recommandons les trois actions concrètes et prioritaires ci-après qui visent expressément l’approfondissement, le décloisonnement et la fluidification du marché intérieur du crédit: (1) initier formellement les démarches techniques et politiques de suppression de la tutelle monétaire française par une réforme systématique des accords de coopération monétaire et de la gouvernance de la Beac; (2) initier toutes les procédures nécessaires pour l’intégration immédiate de nos 260 établissements de microfinance dans le système bancaire en institutionnalisant leur accès total aux services publics offerts par la Beac notamment l’ouverture et la gestion de leurs comptes courants, la centralisation des risques de crédit, la centralisation des incidents de paiement y compris la liste noire des délinquants bancaires, le refinancement et la compensation des titres de paiement; (3) engager toutes les démarches et réformes réglementaires nécessaires pour une régulation effective du marché du crédit intégré par la Cobac, la Beac et le Minefi.

(ii) Un déficit important d’expertise et de leadership du Gouvernement et de l’administration. La variable explicatrice motrice de l’inadéquation du système bancaire et financier est le déficit important d’expertise et de leadership du Gouvernement camerounais et de l’administration de l’Etat en matière bancaire et financière. Ce déficit fait que le Gouvernement ne dispose pas d’un modèle de système bancaire et financier approprié au pays et à la Cemac qui soit auto-entretenu en fonction des mutations scientifiques, technologiques, techniques, économiques et sociales. Ce déficit d’expertise et de leadership favorise non seulement l’extraversion et le contrôle du système bancaire et financier par la France, mais aussi, justifie la non effectivité du marché boursier d’une part, et la méconnaissance et la répression du marché du capital-investissement d’autre part. Il n’est un secret pour aucun observateur averti que la mise en place du marché financier du Cameroun est sur une mauvaise trajectoire. Le nouveau directeur général que vous avez nommé n’a pas le profil requis et l’ensemble de la gouvernance d’entreprise de la Douala Stock Exchange (Dsx) demeure médiocre. Cette plate-forme boursière ne rassure ni les investisseurs, ni les émetteurs potentiels et encore moins les potentiels membres prestataires de services d’investissement. Le gouvernement étant incapable de changer d’attitude et de pratiques opérationnelles, l’unique voie crédible (et même incontournable à terme) de sauvetage de la Dsx que nous recommandons est la fusion avec la Bourse Régionale (Bvmac). Un entretien avec Alexandre Gandou, Président de la Commission de Surveillance du marché financier de l’Afrique Centrale (Cosumaf) devrait créer un contexte favorable à cet égard. En ce qui concerne l’industrie du capital-investissement qui est déterminant pour le financement de l’économie par sa complémentarité aussi bien avec le marché boursier qu’avec le marché bancaire, sa méconnaissance et sa répression de fait au Cameroun et dans la Cemac, sont particulièrement préoccupantes et exigent que l’on s’y penche en conséquence.

Par Babissakana

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