Yaoundé: L’entrepreneur soutient la thèse du dynamitage de l’immeuble de Nkolndongo

Dany Yoho, entrepreneur en bâtiment et responsable du chantier de l’immeuble qui s’est effondré jeudi 25 février dernier au quartier Nkolndongo à Yaoundé, s’est fait une conviction : « La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage »,

affirme-t-il (lire ci-dessous l’intégralité de son interview). Déclaré porté disparu après l’accident, il sort de sa réserve et accuse : « C’est un acte de sabotage ». Un acte de sabotage de qui ? Dany Yoho n’en dit mot.

D’après nos sources, les agents de police du commissariat de Nkolndongo ont été chargés de l’enquête. Les mêmes sources indiquent que les auditions de plusieurs personnes ont déjà été faites. Rien n’a cependant filtré. Mais à ce jour, les seules interpellations portées à notre connaissance sont celles de présumés voleurs pris la main dans le sac, alors qu’ils pillaient les décombres de l’immeuble, notamment les fers à béton.

Le bilan officiel du drame reste pour l’instant inchangé : plusieurs blessés, quatre morts, dont trois issus de la famille de Cyprien Enyegué, maçon, l’un des responsables du chantier. Celui-ci déplore d’ailleurs, parmi les victimes, la disparition de sa femme. Les dégâts matériels, selon diverses sources, s’élèveraient à plusieurs dizaines de millions de Fcfa. Près d’une semaine après l’incident, le mystère plane toujours sur ce qui s’est réellement passé. L’hypothèse d’un dynamitage, qui n’est désormais plus écartée, épaissit davantage le mystère. Nos sources font état de descentes d’experts sur le terrain, pour divers prélèvements et constats.

Le Jour a appris qu’un certificat de salubrité indique que l’immeuble non bâti de Nkolndongo, d’une superficie de 198 m2, est salubre à l’édification d’une construction à usage d’habitation. Il est signé par le chef du service de l’environnement et de l’hygiène de la Communauté urbaine de Yaoundé. D’autres éléments en notre possession montrent que la demande de permis de construire introduite le 10 décembre 2008 par le propriétaire de l’immeuble a abouti le 16 avril 2009 à un arrêté signé par le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, lui « accordant un permis de construire » sur un terrain objet du titre foncier n° 23 850/Mf.

Cet arrêté du délégué du gouvernement précise en son article 1er qu’il revient au demandeur (le propriétaire) de se « conformer aux plans et documents annexés au (…) permis, aux dispositions réglementaires en matière de construction ». Le même arrêté liste une série de conditions spéciales auxquelles doit se soumettre le propriétaire. Parmi celles-ci, l’article 10 ainsi libellé : « Le préfet, le sous-préfet, le délégué du gouvernement, les fonctionnaires du ministère des Travaux publics et leurs délégués peuvent à tout moment visiter la construction en cours et procéder aux vérifications qu’ils jugent utiles ».

Ces visites et vérifications prévues par les textes ont-elles effectivement été faites ? Quand ? Ont-elles donné lieu à des observations permettant de corriger d’éventuels manquements ? Lesquelles ? Des questions pour l’instant sans réponses, qui interrogent l’efficacité du dispositif réglementaire mis en place, pour limiter d’éventuels errements de promoteurs véreux. Dans un tel contexte, quid des indemnités aux victimes ? A Nkoldndongo, on fait état de rencontres entre le propriétaire de l’immeuble effondré et les familles des victimes.

Dany Yoho: «La manière dont l’immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage»

L’entrepreneur du chantier de Nkolndongo penche pour l’hypothèse d’un acte de sabotage.

Vous êtes l’entrepreneur de l’immeuble qui s’est effondré à Nkolndongo. Que s’est-il passé jeudi soir ?

J’ai fait un déplacement pour Douala deux jours avant le drame. En principe, je devais rentrer jeudi dernier, c’est-à-dire le jour de l’accident. Mais une crise de paludisme m’a empêché de prendre le volant pour retourner à Yaoundé. J’ai donc dû décaler mon retour de quelques heures. Mais ce même jeudi, à 21h30mn, mon représentant sur le chantier, Cyprien Enyégué m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il a appris que l’immeuble en construction s’est effondré à Nkolndongo. Aussitôt, j’ai appelé l’électricien qui était sur le site, mais les bruits que j’ai entendus en fond sonore m’ont terrifié, avant même qu’il ne me confirme l’effondrement de l’immeuble. J’étais abattu. La première chose qui m’est venue à l’idée c’était de lui demander s’il y avait des personnes dans l’immeuble. Il m’a répondu qu’il y avait le carreleur, ses trois aides et le gardien de l’immeuble. J’ai appelé le carreleur pour me rassurer. Un de ses aides ne répondait pas au téléphone.

Vous êtes, dit-on, porté disparu depuis l’effondrement de l’immeuble. Etes-vous en fuite ?

Je vous répète que je n’étais pas à Yaoundé le jour du drame. J’ai dû prolonger mon séjour à Douala pour des raisons de santé et l’annonce de l’effondrement de l’immeuble ne pouvait que m’affecter davantage. Mais je suis rentré à Yaoundé vendredi soir, c’est-à-dire le lendemain de l’accident. Mon téléphone est resté ouvert tout ce temps, j’ai répondu à plusieurs coups de fil. Je n’étais pas du tout caché. Mais on m’a conseillé la prudence, compte tenu des risques auxquels je m’exposais si je me rendais sur le site du drame. Mais je voulais bien être là, pour comprendre ce qui s’est passé.

Précisément, on vous accuse d’avoir construit un immeuble sans obtenir les autorisations nécessaires et sans avoir respecté les normes en la matière…

En ce qui concerne les autorisations administratives, j’affirme que nous avons obtenu tous les documents administratifs nécessaires avant de lancer les travaux sur le chantier. Le 10 décembre 2008, en effet, nous avons déposé une demande de permis de construire à la Communauté urbaine de Yaoundé comprenant un dossier technique indiquant les hauteurs, les matériaux utilisés, le plan, les différentes coupes du plan… Le 16 avril 2009, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a signé l’arrêté accordant un permis de construire à mon patron. Le permis de construire parle d’un bâtiment à sous-sol, rez-de-chaussée plus quatre étages. Or le sous-sol n’a pas été utilisé, le rez-de-chaussée n’avait pas sa charge en mur, il n’y avait que les poutres et nous avions effectivement quatre étapes de structure. Le matériau utilisé sur le chantier répondait aux normes. Nous utilisions du fer importé. Le ciment était celui produit au Cameroun. Les poteaux qui soutenaient l’immeuble avaient un diamètre de 33 X 2 (64). Mon avis sur ce qui s’est passé est que cet immeuble a souffert d’une rupture brusque dans sa structure. Le choc que l’immeuble a reçu correspond à la manière dont il est tombé. Qu’un immeuble s’asseye sur lui-même en quelques secondes après un craquement ou une explosion, selon certains témoins, ne peut qu’être un acte de sabotage. La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage.

D’aucun remettent en cause vos qualifications, celle du personnel employé sur ce chantier et surtout la vitesse avec laquelle l’immeuble a poussé de terre…

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

Réaction

Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

 J’ai fait un déplacement pour Douala deux jours avant le drame. En principe, je devais rentrer jeudi dernier, c’est-à-dire le jour de l’accident. Mais une crise de paludisme m’a empêché de prendre le volant pour retourner à Yaoundé. J’ai donc dû décaler mon retour de quelques heures. Mais ce même jeudi, à 21h30mn, mon représentant sur le chantier, Cyprien Enyégué m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il a appris que l’immeuble en construction s’est effondré à Nkolndongo. Aussitôt, j’ai appelé l’électricien qui était sur le site, mais les bruits que j’ai entendus en fond sonore m’ont terrifié, avant même qu’il ne me confirme l’effondrement de l’immeuble. J’étais abattu. La première chose qui m’est venue à l’idée c’était de lui demander s’il y avait des personnes dans l’immeuble. Il m’a répondu qu’il y avait le carreleur, ses trois aides et le gardien de l’immeuble. J’ai appelé le carreleur pour me rassurer. Un de ses aides ne répondait pas au téléphone.

Vous êtes, dit-on, porté disparu depuis l’effondrement de l’immeuble. Etes-vous en fuite ?

Je vous répète que je n’étais pas à Yaoundé le jour du drame. J’ai dû prolonger mon séjour à Douala pour des raisons de santé et l’annonce de l’effondrement de l’immeuble ne pouvait que m’affecter davantage. Mais je suis rentré à Yaoundé vendredi soir, c’est-à-dire le lendemain de l’accident. Mon téléphone est resté ouvert tout ce temps, j’ai répondu à plusieurs coups de fil. Je n’étais pas du tout caché. Mais on m’a conseillé la prudence, compte tenu des risques auxquels je m’exposais si je me rendais sur le site du drame. Mais je voulais bien être là, pour comprendre ce qui s’est passé.

Précisément, on vous accuse d’avoir construit un immeuble sans obtenir les autorisations nécessaires et sans avoir respecté les normes en la matière…

En ce qui concerne les autorisations administratives, j’affirme que nous avons obtenu tous les documents administratifs nécessaires avant de lancer les travaux sur le chantier. Le 10 décembre 2008, en effet, nous avons déposé une demande de permis de construire à la Communauté urbaine de Yaoundé comprenant un dossier technique indiquant les hauteurs, les matériaux utilisés, le plan, les différentes coupes du plan… Le 16 avril 2009, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a signé l’arrêté accordant un permis de construire à mon patron. Le permis de construire parle d’un bâtiment à sous-sol, rez-de-chaussée plus quatre étages. Or le sous-sol n’a pas été utilisé, le rez-de-chaussée n’avait pas sa charge en mur, il n’y avait que les poutres et nous avions effectivement quatre étapes de structure. Le matériau utilisé sur le chantier répondait aux normes. Nous utilisions du fer importé. Le ciment était celui produit au Cameroun. Les poteaux qui soutenaient l’immeuble avaient un diamètre de 33 X 2 (64). Mon avis sur ce qui s’est passé est que cet immeuble a souffert d’une rupture brusque dans sa structure. Le choc que l’immeuble a reçu correspond à la manière dont il est tombé. Qu’un immeuble s’asseye sur lui-même en quelques secondes après un craquement ou une explosion, selon certains témoins, ne peut qu’être un acte de sabotage. La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage.

D’aucun remettent en cause vos qualifications, celle du personnel employé sur ce chantier et surtout la vitesse avec laquelle l’immeuble a poussé de terre…

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

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Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

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Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

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J’ai fait un déplacement pour Douala deux jours avant le drame. En principe, je devais rentrer jeudi dernier, c’est-à-dire le jour de l’accident. Mais une crise de paludisme m’a empêché de prendre le volant pour retourner à Yaoundé. J’ai donc dû décaler mon retour de quelques heures. Mais ce même jeudi, à 21h30mn, mon représentant sur le chantier, Cyprien Enyégué m’a appelé au téléphone pour me dire qu’il a appris que l’immeuble en construction s’est effondré à Nkolndongo. Aussitôt, j’ai appelé l’électricien qui était sur le site, mais les bruits que j’ai entendus en fond sonore m’ont terrifié, avant même qu’il ne me confirme l’effondrement de l’immeuble. J’étais abattu. La première chose qui m’est venue à l’idée c’était de lui demander s’il y avait des personnes dans l’immeuble. Il m’a répondu qu’il y avait le carreleur, ses trois aides et le gardien de l’immeuble. J’ai appelé le carreleur pour me rassurer. Un de ses aides ne répondait pas au téléphone.

Vous êtes, dit-on, porté disparu depuis l’effondrement de l’immeuble. Etes-vous en fuite ?

Je vous répète que je n’étais pas à Yaoundé le jour du drame. J’ai dû prolonger mon séjour à Douala pour des raisons de santé et l’annonce de l’effondrement de l’immeuble ne pouvait que m’affecter davantage. Mais je suis rentré à Yaoundé vendredi soir, c’est-à-dire le lendemain de l’accident. Mon téléphone est resté ouvert tout ce temps, j’ai répondu à plusieurs coups de fil. Je n’étais pas du tout caché. Mais on m’a conseillé la prudence, compte tenu des risques auxquels je m’exposais si je me rendais sur le site du drame. Mais je voulais bien être là, pour comprendre ce qui s’est passé.

Précisément, on vous accuse d’avoir construit un immeuble sans obtenir les autorisations nécessaires et sans avoir respecté les normes en la matière…

En ce qui concerne les autorisations administratives, j’affirme que nous avons obtenu tous les documents administratifs nécessaires avant de lancer les travaux sur le chantier. Le 10 décembre 2008, en effet, nous avons déposé une demande de permis de construire à la Communauté urbaine de Yaoundé comprenant un dossier technique indiquant les hauteurs, les matériaux utilisés, le plan, les différentes coupes du plan… Le 16 avril 2009, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a signé l’arrêté accordant un permis de construire à mon patron. Le permis de construire parle d’un bâtiment à sous-sol, rez-de-chaussée plus quatre étages. Or le sous-sol n’a pas été utilisé, le rez-de-chaussée n’avait pas sa charge en mur, il n’y avait que les poutres et nous avions effectivement quatre étapes de structure. Le matériau utilisé sur le chantier répondait aux normes. Nous utilisions du fer importé. Le ciment était celui produit au Cameroun. Les poteaux qui soutenaient l’immeuble avaient un diamètre de 33 X 2 (64). Mon avis sur ce qui s’est passé est que cet immeuble a souffert d’une rupture brusque dans sa structure. Le choc que l’immeuble a reçu correspond à la manière dont il est tombé. Qu’un immeuble s’asseye sur lui-même en quelques secondes après un craquement ou une explosion, selon certains témoins, ne peut qu’être un acte de sabotage. La manière dont cet immeuble s’est effondré se produit quand il y a dynamitage.

D’aucun remettent en cause vos qualifications, celle du personnel employé sur ce chantier et surtout la vitesse avec laquelle l’immeuble a poussé de terre…

J’ai douze ans d’expérience comme chef chantier. Mon père était constructeur en bâtiment. J’ai été formé à l’Institut des techniques industrielles et commerciales de Douala où j’ai eu un bac F4 en 1998. Ce chantier a utilisé, par roulement, 25 personnes et il y avait des maçons, des ferrailleurs, des coffreurs… tous pétris d’expérience. A propos de la vitesse du chantier, les fouilles ont eu lieu en décembre 2008, les constructions ont démarré en avril 2009, l’accident s’est produit dix mois après, alors que nous étions à la phase de finition, et non quatre mois comme j’ai entendu.

Réaction

Cyprien Enguéné, alias Pipo: Ce technicien du chantier sinistré y a perdu sa femme

Je suis sous le choc. Nous sommes en deuil. J’ai perdu ma femme, mon beau-frère et une tante à la suite de l’effondrement de l’immeuble de Nkolndongo. Un chantier dans lequel j’ai travaillé dès la construction de la fondation. Notre maison était juste à côté du chantier. Je suis maçon depuis sept ans et depuis le lancement du chantier, nous mettions un point d’honneur à respecter les normes. Quand il y avait des erreurs, l’entrepreneur n’hésitait pas à faire recommencer le travail.

 

3 mars, 2010 à 13:47 | Commentaires (0) | Permalien


Une pluie torrentielle fait des ravages à Yaoundé

YAOUNDE – 23 FEV. 2010
© Félicité BAHANE N | Cameroon Tribune

Plusieurs installations détruites dans le centre ville, dont les locaux de la délégation régionale de l’Education de base.

 

Dire que cette folle pluie n’a duré qu’un quart d’heure ! Mais la grêle est tombée et le vent a soufflé si fort que Yaoundé tout entière a tremblé. D’un bout à l’autre de la ville, c’est la même désolation, avec des toits arrachés, des arbres déracinés dont certains sont tombés sur des maisons ou des voitures. Les chaussées sont couvertes de branches d’arbres et de diverses autres ordures. Le long des routes, des barrières en planches sont complètement dévastées et des enfants de la rue s’en donnent à cœur joie, arrachant bois et ferrailles sur leurs passages. Visiblement, le centre ville de Yaoundé a subi le plus de dégâts. L’une des antennes au-dessus du bâtiment de la Poste centrale est cassée et se retrouve pliée en deux. L’entrée principale de l’édifice est inondée. De l’autre côté de la chaussée, l’ « Immeuble de la mort » est à moitié déshabillé. Les bâches qui le recouvraient ont été arrachées par le vent et se retrouvent carrément de l’autre côté de la barrière. Une dizaine d’hommes s’efforcent de les plier dans un coin. Ça et là, des kiosques, des panneaux et banderoles publicitaires sont déchiquetés et traînent au sol. Comble, pratiquement tous les feux tricolores sont inclinés ou carrément renversés. Du coup, l’embouteillage se fait monstre. Et dans la foulée, des véhicules s’accrochent, ce qui allonge le bouchon. Les policiers présents au rond point de la Poste centrale ont du fil à retordre.

A quelques mètres de la Poste centrale, en face du palais de Justice, la délégation régionale de l’Education de base présente un triste visage. Des branches d’arbres et des tôles traînent partout sur le sol. Le toit de l’un des bâtiments s’est envolé et a terminé sa course sur trois véhicules. Nombre de bureaux se retrouvent ainsi inondés, dont celui des examens. La situation est tellement préoccupante que le ministre de l’Education de base, Hadjidja Youssouf Alim est alertée. Dans la cour arrière de la délégation, l’école du Centre administratif a elle aussi connu des dégâts. Quelques salles de classe se retrouvent sans toit. Après un tour complet du propriétaire, les nouvelles sont assez rassurantes : «Tous les dossiers des examens et certaines bases de données ont pu être sécurisés à temps. Mais les dégâts sont importants et une équipe va être dépêchée sur le terrain pour évaluer les pertes et proposer des mesures à prendre», annonce le Minedub. Dans les conversations, on apprend que le studio de Radio centre a aussi connu des dommages.

23 février, 2010 à 21:42 | Commentaires (0) | Permalien


SDF: une soixantaine de dissidents annonce leur départ

Yaoundé, 23 Février 2010
© Guy Modeste DZUDIE | Le Messager

SDF: une soixantaine de dissidents annonce leur départ dans economie comment_16x16 Réagir

Une fois de plus, le chant de la dissidence au sein du Front social démocrate (SDF en anglais) est entonné à partir de la région de l’Ouest.

 

Une fois de plus, le chant de la dissidence au sein du Front social démocrate (SDF en anglais) est entonné à partir de la région de l’Ouest. C’est ainsi que ce dimanche 21 février 2010, Toukouo Hamadou, partant de Massagam, a parcouru environ 200 kilomètres pour venir assister à une réunion à Bafoussam. Le groupe se réunissant est constitué de près de 60 cadres déçus ou déchus du SDF à l’Ouest et dans le département du Moungo dans la région du Littoral. «Nous sommes là pour exprimer notre déception par rapport à la gestion du SDF. Les gens du Nec (Comité exécutif national, ndlr) nous manquent de considération. Ils ont constitué une commission dite de réorganisation, cette dernière est venue à Massagam installer un bureau parallèle de Circonscription électorale (Ce), sans au préalable m’informer, président démocratiquement élu de la Ce depuis 1990», indique ce dernier. Censeur au lycée de Bana et rapporteur dudit conclave, Maurice Nzakou s’estime lui aussi victime d’une manœuvre similaire au niveau de la Ce du SDF à Kékem. A l’en croire, aucun militant de cette Ce ne sait à quel moment on a organisé une conférence élective pour remplacer le président qu’il était. D’après cet enseignant, le travail opéré par la commission de réorganisation des structures du SDF dans les différentes régions du pays, et surtout à l’Ouest, «n’est ni conforme aux statuts ni au règlement intérieur du parti». «A l’unanimité, nous avons convenu que ça ne vaut pas la peine de rester dans un bateau où on ne nous prend plus au sérieux. A partir de maintenant, nous n’allons plus nous reconnaître comme militant de ce parti. Nous sommes tous d’accord qu’il faut démissionner. Il ne reste plus que la formalisation de cette démission», explique-t-il. Avant d’ajouter: «Lorsqu’on a déjà commencé à faire la politique, on ne peut démissionner pour aller rester à la maison».

Une spirale à l’infini

Excluant l’hypothèse d’une rentrée dans les rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le groupe des dissidents opte ainsi pour la création d’une nouvelle formation politique. Ce qui passerait nécessairement par un travail de sensibilisation pour rallier plusieurs militants ou ex militants de base du SDF à leur cause. «Je suis entré au SDF par conviction. Je croyais à l’idéal de démocratie traduit par le slogan «pouvoir au peuple». Les promesses qu’on nous a faites par rapport à gestion de la société n’ont pas été respectées. Nous avons pris des risques pour rien» Plusieurs membres, l’ex bureau régional du SDF à l’Ouest se trouvent dans cette dynamique. Il s’agit notamment de Denise Tchouta Pokam, conseillère municipale et ex secrétaire administratif, et d’Edouard Mboulefack, ex-secrétaire provincial à l’organisation. Par contre, Romuald Tamo, ex-président provincial du SDF à l’Ouest exclu du parti récemment était le grand absent.

Pour qui connaît le SDF, l’on devine que les fidèles de Fru Ndi notamment Deffo Oumbé Sangong et Evariste Fotso Fopoussi ne tarderaient pas à organiser une riposte. Surtout que l’on ne sait pas ce que préparent les deux responsables (Pierre Kwemo et Serge Noumba) récemment sanctionnés par le comité exécutif national du parti de la balance. Ce qui pourrait pour indiquer que la fin des affrontements pour la gestion interne au SDF n’est pas pour demain.

23 février, 2010 à 19:46 | Commentaires (0) | Permalien


YAOUNDE: Des quartiers sans électricité

YAOUNDE: Des quartiers sans électricité

YAOUNDE – 23 FEV. 2010
© Monica NKODO | Cameroon Tribune

La multiplication et le prolongement des coupures depuis quelques jours, sont le fait de travaux de maintenance.

 

Sa soirée de dimanche, la famille Nkenfack de Biscuiterie à Yaoundé l’a passée dans le noir. « Nous avons été privés d’électricité à 6h du matin. Et elle n’est revenue que lundi matin », raconte Ariane B, l’aînée des enfants. Le gérant du moulin à écraser du quartier explique qu’il a eu un gros manque à gagner. « La machine n’a pas pu fonctionner faute d’électricité. Ce matin, tout est rentré dans l’ordre », se réjouit-il, avant de retourner à sa besogne. A Biyem-Assi Stade, Souleymane K. tailleur, s’affaire dans son atelier. L’électricité est revenue, il y a quelques minutes, et il faut rattraper le retard de la veille. « Dans notre secteur, il est vrai que le courant est revenu plus tôt que chez d’autres riverains du quartier. La fête du 8 mars approche, alors les clientes affluent et les coupures ne sont pas vraiment faciles à vivre, surtout pour l’étape de repassage », a-t-il expliqué.

Dans ce secteur de Yaoundé VI, chacun a vécu la journée de dimanche sans électricité, en affrontant une situation particulière. Raoul E. est employé dans un cybercafé à Etoug-Ebe. Hier, les clients étaient de retour. Selon le jeune homme, « la coupure n’a pas duré dans notre secteur. C’était comme toujours. Ça va et ça vient. On fait avec, même si cela nous ralentit dans le travail.» Les habitants de Yaoundé VI n’était pas les seuls dans le noir dimanche dernier. Des habitants d’Emana ont mentionné le même problème. C’est le cas également dans un secteur du quartier Briqueterie où les riverains se sont plaints d’une journée sans électricité. « C’est pareil tous les jours. Nous n’avions pas l’électricité depuis une semaine, alors nous ne nous sommes pas vraiment rendus compte de la coupure », a expliqué une jeune fille.

Beaucoup de consommateurs de ce coin du quartier Briqueterie ont d’abord pensé à une coupure causée par la forte pluie de la veille. Ce « dimanche noir » est justifié par des sources proches d’AES-Sonel. « Cette coupure était due aux travaux de maintenance que nous avons effectués durant le week-end, et qui avaient été annoncés depuis plusieurs jours déjà, via les médias. Plusieurs quartiers ont été privés d’électricité, mais brièvement. L’électricité a été rétablie dimanche soir pour certains. Et lundi matin chez les autres. Quoi qu’il en soit, le courant a été rétabli là où il avait été coupé à cause des travaux», explique-t-on du côté du distributeur.

23 février, 2010 à 19:39 | Commentaires (0) | Permalien


Accord de partenariat économique: La CEMAC harmonise ses positions

YAOUNDE – 23 FEV. 2010
© Alain TCHAKOUNTE | Cameroon Tribune

La réunion des ministres tenue hier à Douala a défini de nouvelles orientations.

Ils se sont quasiment répété, le ministre délégué au Minepat Yaouba Abdoulaye et le président de la Commission de la Cemac, Antoine Ntsimi. Depuis la dernière réunion du 25 mars 2008, des divergences ont vu le jour sur le front des négociations, ont-il déclaré hier à Douala à l’ouverture de la réunion des ministres de la CEMAC en charge des négociations APE et des ministres ordonnateurs de FED. Des désaccords liées notamment aux questions d’intérêts en Afrique centrale. Entre-temps par exemple, le Cameroun a signé seul un accord d’étape avec l’Union européenne. Lors des derniers sommets des chefs d’Etat de la CEEAC en octobre et de la CEMAC en janvier dernier, l’instruction a été donnée de conclure avec l’Union Européenne, un APE régional et ainsi, faciliter l’arrimage de la région à l’économie mondiale.

Depuis vendredi dernier à Douala donc, plusieurs experts ont planché sur les modalités de reprise des négociations entre la CEMAC et l’Union Européenne. Ceci devrait prendre en compte, selon le président de la Commission de la Cemac, des domaines comme le développement, la protection des consommateurs, la compatibilité avec les règles de l’OMC. D’autant que la question de l’annulation de l’accord d’étape signé par le Cameroun taraude les esprits et devrait être posée. Puisqu’on parle de reprise sereine des négociations pour la signature d’un accord de partenariat économique complet avec l’Union Européenne.

Selon Chantal Elombat, directeur de l’Intégration régionale au Minepat, concernant l’accès aux marchés, les experts proposent qu’on revienne à 60% de libéralisation, et 40%, d’exclusion. « Par rapport à ce que les Européens savaient, c’est un peu en net recul. Mais, c’est la volonté des Etats de l’Afrique centrale, par rapport à leurs économies, leur niveau de développement, c’est déjà une base sur laquelle on va reprendre les négociations avec les Européens. Les services, est-ce qu’il faut les inclure dans les négociations ? Les chefs d’Etat ont demandé que le développement soit inclus dans les négociations. Sur le financement, les Européens traînent un peu de la patte à véritablement financer cet APE qui va apporter des pertes au Cameroun et dans la sous-région. Et donc, tout cet aspect compensation, financement, impact fiscal net, c’est encore quelque à batailler assez fort avec l’Union européenne», explique-t-elle. En rappel, dans les ACP, une seule région, les Caraïbes, a jusqu’ici signé cet APE. Le reste des zones, notamment l’Afrique centrale et de l’Ouest, bien que certains pays y ont signé des accords d’étape, n’ont pas encore signé l’APE du fait des difficultés d’intégration de la dimension développement dans ces accords.

 

23 février, 2010 à 11:30 | Commentaires (0) | Permalien


Coupe du Monde:l’Afrique du Sud en « campagne séduction » au Cameroun.

Yaoundé, 23 Février 2010
© Christian Tchapmi | Le Messager

   Coupe du Monde:l'Afrique du Sud en  Réagir

«Nous sommes convaincus que cette compétition sera un succès. Tous les Sud-africains partagent la même conviction et s’investissent afin que cette Coupe du Monde soit la plus belle fête que la planète n’ait jamais vécu».

 

«Nous sommes convaincus que cette compétition sera un succès. Tous les Sud-africains partagent la même conviction et s’investissent afin que cette Coupe du Monde soit la plus belle fête que la planète n’ait jamais vécu». L’espoir est permis. L’Afrique du Sud veut vivre le rêve aussi longtemps qu’il durera. C’est du moins l’assurance donnée par Grace Khoza, chef du département des affaires étrangères sud-africain. Face à la presse samedi 20 février 2010 à l’hôtel Hilton, la délégation composée de Dudu Mazikubo du département des Arts et de la culture, Lungi Morrison, représentante internationale de l’opérateur de téléphonie mobile MTN, sponsor officiel de la Coupe du Monde 2010, à laquelle s’est joint Ntshadi Tsheole, Haut commissaire du pays arc-en ciel au Cameroun, s’est voulue rassurante. Pour cette dernière, l’Afrique du Sud est prête pour accueillir la compétition qui s’annonce comme un événement mémorable dans l’histoire du continent Noir tout entier.

Grace Khoza a à cet effet rassuré les Hommes de médias sur les moyens mis en œuvre pour rendre plus alléchante cette fête du football mondial. Ainsi, en dehors de 17 garanties (santé, sécurité, infrastructures…) signées avec la FIFA (Fédération internationale de football association), le comité d’organisation est allé au-delà de ce que la FIFA attendait car «l’Afrique doit montrer que la renaissance africaine est une réalité et que l’heure de l’Afrique a sonné. Le gouvernement sud-africain ne va rien négliger pour organiser cette compétition qui ravit un peu plus de 2,6 milliards de personnes à travers le monde», a-t-elle rassuré.

Opération de charme

L’on a également retenu de cet échange qui a duré plus d’une heure qu’exclusivement, le programme de volontariat a été étendu aux autres pays africains et au monde entier. Concernant le volet sécurité que beaucoup redoutent, vu le climat délétère qui sévit dans le pays, la délégation a annoncé que plus de 4000 policiers ont été spécialement déployés pour assurer la sécurité des participants et des touristes. Parce que, a-t-elle renchérit, «d’une seule voix, nous devons dire au monde entier que nous sommes sûrs de notre capacité à accueillir une belle Coupe du Monde. Nous faisons massivement appel aux Africains pour qu’ils se joignent à cette fête du sport mondial et portent haut les couleurs de ce pays. Après tout, cette Coupe du Monde est la nôtre». A la question d’un journaliste qui a voulu savoir si l’Afrique du Sud croit fermement qu’un pays africain peut remporter cette coupe, la diplomate Ntshadi Tsheole a répondu que tant qu’on a la foi, tout est possible. « Que ce soit L’Afrique du Sud, le Ghana ou n’importe quelle autre nation africaine qualifiée qui la remporte, la joie reste unique, à savoir celle de l’Afrique », a-t-elle tranché.

Côté infrastructures, dix stades parmi lesquels le Nelson Mandela Bay de Port Elizabeth ont été retenus pour abriter les différentes rencontres. Outre le festival musical, baptisé «Hoezit 2010», au Mary Fitzgerald Square de Newtown et le festival de Rustenburg qui aura pour cadre l’Olympia Park, un autre concert géant sera organisé à Johannesburg. Prendront part à ce rendez-vous culturel des artistes des cinq pays africains qualifiés ainsi que d’autres artistes traditionnels. Au final, la World cup promet d’être une compétition de rêve dans un pays aux charmes irrésistibles.

La rencontre de samedi avec la presse s’inscrit dans le cadre d’une tournée qu’effectue la délégation sud africaine dans les cinq pays africains qualifiés pour le Mondial 2010. Après l’Algérie et le Cameroun, c’est le Ghana qui a accueilli hier lundi 22 février 2010 l’équipe de Grace Khoza. Puis ce sera au tour du Nigeria et de la Côte d’Ivoire pour définitivement boucler la tournée.

23 février, 2010 à 9:46 | Commentaires (0) | Permalien


Cameroun : Mortelle Saint Valentin à Douala

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   Fière de recevoir le gâteau de son amoureuse, le jeune Noah ne pouvait guère s’imaginer qu’il était en train de prendre ce qui devait l’entraîner précocement dans la tombe. Alors que de nombreux amoureux se seront rappelés toute la passion de leur tendre affection durant la Saint-Valentin, la fête de l’amour aura viré au cauchemar pour Noah Etienne, 24 ans. Dans l’après-midi du 14 février, ce dernier invite sa bien aimée chez un de ses amis pas loin d’Ange Raphaël ; à défaut de ne pouvoir la recevoir dans le domicile parental.Après le convivial échange de présent et une bonne dose d’intimité, les amoureux se seront difficilement séparé autour de 20h, chacun peiné de mettre un terme à cet instant de bonheur intense. Après son départ, alors qu’il avait l’intention de déguster le gâteau chez lui, Noah décide d’ingurgiter la pâtisserie de sa valentine après insistance de ses amis venus le rejoindre.

Dans une distribution improportionnelle, Noah s’arrogera la plus grosse part du gâteau, jugeant qu’il s’agissait du fruit de l’effort de son amoureuse et concèdera à ses camarades d’infimes portions. Les déboires de Noah débuteront dans la nuit autour de minuit, par un mal de ventre démesurée. Ces derniers négligeant d’abord la portée, prendront les jérémiades du jeune homme au sérieux, à la vue de sang éructé par ce dernier. Conduit immédiatement à l’hôpital, Noah rendra l’âme autour de onze heures.

Empoisonnement

Après de longues tergiversations sur les causes de cette tragédie, les parents qui au départ soutenaient préalablement l’idée d’une attaque démoniaque venue du village, se rendront à l’évidence lorsque les deux amis du défunt qui avaient également ingurgité la brioche, avoueront avoir été à l’hôpital pour des maux de ventre similaires. C’est finalement après avoir reconstitué les événements de la veille pour dénicher l’aliment commun aux trois jeunes gens que le gâteau sera mis en évidence et la jeune fille conduite au poste de police pour besoin d’enquête. Celle-ci, soutiendra ne rien connaître des faits qui lui sont reprochés. Soutenus par sa famille, l’affaire est désormais en train d’être portée devant les instances judiciaires compétentes.

Préméditation ?

Néanmoins, selon certaines sources, de l’eau de javel en poudre serait la cause de l’empoisonnement. D’après quelques proches de la fille incriminée, il y aurait probablement eu une confusion entre l’eau de javel en poudre et le sucre dans la mesure où dans la maison familiale, il existerait deux boîtes identiques de conservation de la levure et du sel. Du côté de la famille de Noah, on pense plutôt à un crime crapuleux et prémédité. En effet, d’après les amis qui prétendent que la jeune fille avait intimé à son amoureux de manger le gâteau tout seul, elle savait également que le jeune homme s’entichait éperdument d’une autre fille. Pour ce faire, il avait l’intention même de mettre un terme à cette relation pour entièrement se consacrer à sa nouvelle conquête.

En attendant que l’enquête ne dévoile son résultat définitif, la jeune fille reste en garde en vue et toute conclusion pour l’instant semble hâtive. Pour les deux amis qui auront eu la vie sauve grâce au fait qu’il n’avait mangé qu’une petite portion du gâteau, il ne cesse de remercier Dieu.

N’empêche qu’au-delà de tout ce qui précède, le jeune Noah ne ressuscitera plus et ce qui aurait du être pour lui l’un des plus beaux jours de l’année, aura tristement viré en tragédie funèbre.

© camnews24 : PAUL TONYE NJIEL

17 février, 2010 à 21:56 | Commentaires (1) | Permalien


BELGIQUE:POLITIQUE Belgique – Cameroun : Commémoration des massacres de février 2008, Paul Biya ira-t-il en prison pour ses multiples crimes ?

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                                                                               La réponse à cette question sera rendue publique le 26 février prochain à l’issue d’une conférence de presse à l’appel du Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotique des Camerounais de la Diaspora  à l’occasion de la commémoration du deuxième anniversaire des massacres de février 2008 en hommage aux victimes des émeutes de février 2008 au CamerounLa semaine des martyrs » prévue du 23 au 27 février prochains a pour but de rendre hommage aux personnes assassinées par le pouvoir en place et à toutes les victimes des émeutes contre la vie chère de l’année 2008, où des centaines de personnes avaient trouvé la mort selon des organisations telles l’Acat, Amnesty Internationale, Human Rights Watch etc.,

Aussi, à cette occasion, le Code lancera solennellement  une campagne internationale afin d’exiger auprès des institutions internationales en charge des droits humains et des tribunaux l’inculpation de Paul Biya  pour « Crimes contre l’humanité »

La semaine des martyrs prévoit le vendredi 26 février 2010

1- La remise d’un Mémorandum spécial sur les massacres de février 2008  à la presse et aux officiels de l’Union Européenne à Bruxelles,
2- Grande  manifestation publique devant l’ambassade du Cameroun à Bruxelles (de 14h à 17h) puis
3- En soirée l’on assistera à une conférence publique de 18 à 21 heures sur le thème  » Paul Biya peut-il être poursuivi pour crimes contre l’humanité ? »

Parmi les intervenants au cours de cette conférence, l’on notera la présence de

Maître Alexis Deswaef, Avocat au barreau de Bruxelles, spécialisé en Droit International humanitaire,

Djeukam Tchameni, Président du Collectif National contre l’Impunité et initiateur d’une plainte contre Paul Biya en 2001 en Belgique.

Enoh Meyomesse, historien et président du Parti de la Renaissance Nationale Cameroun, auteur du livre intitulé « Février 2008, le tournant du règne de Paul Biya                                     

Ces derniers pourront édifier le public sur la faisabilité et les conditions requises pour le dépôt d’une plainte contre le président camerounais pour crimes contre l’humanité.

Les informations complémentaires seront diffusées chaque semaine sur le blog du code www.lecode.canalblog.com

Pour le Code
La Cellule de Communication du Cod

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7 février, 2010 à 21:56 | Commentaires (0) | Permalien


Cameroun, Mbanga : le quotidien de la prison

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 Pas de véhicule. Du bois de chauffe grappillé dans les plantations voisines… Conçu pour 150 pensionnaires, le pénitencier ne peut souvent rien contre les évasions.Courbé, un genou et une main au sol, Pascal souffle de sa bouche pour attiser le feu de bois. Plusieurs fois, sa poitrine et son ventre se bombent avant de retrouver leurs proportions normales. Le jeune homme a presque mis la tête dans le foyer où les braises sont d’un rouge vif. Les flammes sont donc reparties de plus belle.
Elles ont bientôt embrasé les morceaux de bois sec. Le contenu de la grande marmite est maintenant en ébullition, si l’on s’en tient à la vapeur qui s’en dégage.

A côté de Pascal, un compère effectue la même manœuvre avec un autre foyer. Il y en a six dans cette baraque qui sert de cuisine. Les deux jeunes gens veillent aussi sur les marmites qu’ils ouvrent de temps en temps. Une mousse blanchâtre en jaillit avant de retomber au contact de l’air. Une vielle étoffe sert à tenir le couvercle brûlant. «C’est du riz. Il y en a dans cinq marmites. La sixième contient la sauce. De la bonne sauce de soja avec des condiments et des crevettes», déclare Pascal, souriant. Pourtant, sur son visag, dégouline une sueur qui semble lui brouiller la vue. La fumée le fait pleurer. Il porte une culotte et un tee-shirt qui ont perdu leur éclat depuis des lustres. «Ça, c’est ma tenue de travail. On n’a pas besoin de s’habiller comme un prince pour faire la cuisine. Mais en prison, on s’habille aussi chic», rétorque le détenu.

Pascal et son congénère sont pour ainsi dire les cuisiniers attitrés de la prison principale de Mbanga dans le département du Moungo, région du Littoral. C’est dans ce pénitencier que l’artiste Lapiro, de son vrai nom Lambo Sandjo Pierre Roger, avait entamé sa détention après les arrestations ayant suivi les émeutes qui avaient secoué plusieurs villes du Cameroun en février 2008. On connaît la suite des péripéties de celui qu’on appelle «Ndinga Man». Transféré à la prison principale de Nkongsamba, le chef-lieu du département du Moungo, il séjourne actuellement à la prison centrale de Douala à New-Bell. La réglementation permet à Lapiro de demander à rentrer purger sa peine à la prison de Mbanga, selon le régisseur de cet établissement, le super-intendant des prisons Simon Enow Eyong.

A la cuisine, le repas sera bientôt prêt. Chacun des 300 détenus que compte le pénitencier aura alors droit à sa ration de la journée. Ce n’est pas chaque jour qu’ils mangent du riz. «Il y a souvent le corn chaf [mélange de haricot et de maïs sauté, ndlr]. Le dimanche, nous mangeons du couscous de maïs avec le kpem [sauce faite à base de feuilles de manioc]», explique le camarade de Pascal. Un repas par jour, cela paraît bien insuffisant. D’où la nécessité pour chaque prisonnier d’avoir «sa personne dehors» pour lui apporter des provisions. Au premier visiteur, chaque détenu demande «un lancement», entendez un peu d’argent. Peu importe le montant. «Grand frère, vous n’allez pas nous laisser comme ça hein», réitère Pascal au cours de notre entretien. Les prisonniers sont unanimes pour dire qu’ils mangeront bien ce samedi. Ils bénissent Miss Cameroun, Anne Lucrèce Ntep, et le député de la circonscription électorale du Moungo Sud, Jean Mpacko Kotto, qui leur ont apporté un don de nourriture. La prison a fait sa toilette pour accueillir ces visiteurs spéciaux. Dans la cour externe, les espaces gazonnés ont été tondus. Un drapeau national neuf flotte au-dessus du mât repeint.

Evasions

Il y a quelques visiteurs sous le hangar en paille. C’est le passage obligé pour l’identification avant de se rendre à la guérite où se trouve le poste de police. Quelques prisonniers vont et viennent sur cette esplanade externe. Deux gaillards transportent jusqu’à la cuisine une grande marmite remplie d’eau recueillie au robinet derrière le bâtiment principal de prison. «Il s’agit des domestiques qui effectuent des tâches d’intérêt collectif, à savoir fendre du bois ou faire le nettoyage, par exemple. Ce sont des détenus dont la peine sera bientôt terminée. A moins d’être idiots, ils n’ont aucune raison de s’enfuir. Certains ont même l’autorisation de quitter la prison pour ne revenir que le soir», explique un gardien. Un autre confie cependant qu’il y a souvent des évasions. «La dernière remonte à cinq mois, poursuit-il. Un condamné qui effectuait une corvée. Jusqu’aujourd’hui, il reste introuvable.»

Les 40 gardiens qui travaillent ici ne suffisent pas à encadrer les 300 pensionnaires de ce pénitencier construit pour en accueillir la moitié. A cela s’ajoute le manque de logistique. «Il n’y a pas de véhicule pour le transport des prisonniers. En cas de procès à Douala ou à Nkongsamba, les détenus et les gardiens se rendent à la gare routière où ils empruntent une voiture comme tout le monde», déplore le régisseur. Idem pour le transport du bois de chauffe utilisé dans la prison. «La situation serait plus compliquée si la Cdc ne nous permettait pas de ramasser des déchets de bois dans ses plantations. Sur place à Mbanga, aucun habitant ne nous permet d’entrer dans son champ pour chercher la moindre branche sèche», poursuit-il.
Avec la surpopulation carcérale, il faut ouvrir l’œil dans cette cour. De temps en temps, un geôlier ne manque donc pas de rappeler à l’ordre un prisonnier. Deux gardiens, fusil à l’épaule, sillonnent le toit de la prison. Deux autres sont postés au mirador qui offre une vue panoramique des alentours du pénitencier. Bien que surplombant le site, on ne voit pas l’intérieur du bâtiment principal. Des tôles couvrent la cour. Les journalistes sont interdits d’accès à ce bâtiment construit de telle sorte que les prisonniers soient comme logés dans un bunker.

Arrivé en prison à 11 ans

Ils sont 280 répartis dans dix cellules de tailles différentes contenant 20 personnes pour les unes et jusqu’à 40 pour les autres. Dans ce bâtiment originel, il n’y a que la gent masculine, sans considération d’âge. Créée en 1973, la prison principale de Mbanga ne dispose toujours pas d’un quartier pour mineurs. Le plus jeune détenu est ce garçon de 12 ans arrivé il y a huit mois pour vol. «La prison n’est pas faite pour les enfants», soutient le régisseur qui se dit impatient de voir aboutir le travail des Affaires sociales qui suivent actuellement les dossiers des mineurs afin de leur éviter un procès malgré leurs forfaits. Mais, en attendant, ils sont sept qui vivent dans la prison comme tout le monde. Ces adolescents dorment chacun sur un petit matelas posé par terre. Ils n’ont pas échappé au bizutage des anciens à qui il fallait payer les droits de cellule, entre 2.500 et 3.000 F.cfa. Ces garçons sont souvent contraints de nettoyer la cellule et d’aller vider le seau hygiénique dans lequel tous les occupants d’une geôle font leurs besoins la nuit. Il faut attendre le matin pour déverser le contenu dans les toilettes. Si le détenu le plus âgé de la prison a 56 ans, le régisseur soutient que les pensionnaires sont essentiellement des jeunes incarcérés très souvent pour vol, bagarre ou trouble de jouissance.

Les conditions de vie sont meilleures pour les 15 domestiques qui vivent dans l’annexe de la prison construite il y a à peine 10 ans mais déjà tombée en décrépitude, «si bien que le bâtiment peut s’écrouler si on y loge beaucoup de personnes», selon le régisseur Simon Enow Eyong. Chaque pensionnaire dispose d’une cellule à lui tout seul. Si certains dorment sur un matelas posé au sol, d’autres se sont offert un certain confort : lit, poste radio, téléviseur ou encore ventilateur. Chaque prison a donc ses Vip.

Les cinq femmes de la prison semblent en retrait. Leur quartier se trouve dehors, néanmoins dans une clôture construite avec des bambous de Chine. Les locaux se résument en un salon et une chambre qu’elles partagent sans trop d’histoires, se réjouit un gardien. Dans la véranda, il y a ce petit foyer formé par trois pierres où ces dames font souvent elles-mêmes la cuisine. De l’extérieur, on aperçoit la grande salle où traînent des sacs et des assiettes. Assises sur un banc, deux prisonnières discutent. «Vous pouvez entrer», lance une autre adossée à la porte. Mais l’invitation n’est pas du goût de l’un des gardiens de prison. Dommage Madame ! Il s’agit bien d’une femme mariée, à deux hommes d’ailleurs. Après avoir fait trois enfants dans une première union, elle a quitté son homme. Elle a ensuite fait falsifier l’acte de mariage pour y mettre le nom de son amant. Voilà les deux cocus aujourd’hui derrière les barreaux et séparés. On en voit des choses en prison !

En aparté : L’émeutier passe à la casserole

Je m’appelle Pascal Kouakam. J’ai été arrêté et condamné à deux ans et six mois parce que je revenais du champ un jour de manifestation en 2008.

Le 27 février 2010, j’aurai passé deux ans en prison. Il ne me restera plus que six mois ici. En principe,j’aurais dû être libre depuis un an. Mais je ne disposais pas des 2.500.000 F cfa d’amende que me réclamait la justice. Je dois compenser par 18 mois supplémentaires derrière les barreaux. Je n’oublierai jamais ce 27 février 2008 où je revenais de la plantation alors que la ville de Mbanga était secouée par les émeutes. En cours de route, j’ai rencontré des militaires qui m’ont demandé de balayer autour de moi. Je me suis exécuté. Peu après, un colonel est arrivé et a demandé que tout le monde soit embarqué, y compris moi. Nous avons d’abord été envoyés à la prison principale de Nkongsamba. J’ai alors appris que j’étais accusé de destruction des biens des Brasseries du Cameroun. Plus tard, j’ai été transféré ici à la prison principale de Mbanga. Lors du procès, je n’avais pas d’avocat. Personne n’a jamais cru à ma version des faits. J’ai été condamné par le tribunal de Première instance de Mbanga à 18 mois de prison ferme et 50 millions de F.cfa à payer aux Brasseries du Cameroun. J’ai saisi la Cour d’appel du Littoral à Douala. Là-bas, ma peine a été réduite à 12 mois de prison et 2.500.000 FCfa d’amende.

Dans cette prison, nous sommes cinq jeunes hommes condamnés pour participation aux émeutes. J’ai été arrêté à 23 ans, aujourd’hui j’en ai 25. Je n’avais jamais fait de la prison. Quand je suis arrivé à la prison de Mbanga, j’ai été mis dans une cellule où il y avait beaucoup de gens. Chacun dormait sur un petit matelas posé au sol. La cellule était grande pour contenir tout le monde. Au début, j’ai été maltraité par les anciens. Il fallait payer 3.000 FCfa de droits de cellule. En plus, ils m’infligeaient diverses corvées. C’était difficile. Heureusement, j’avais le soutien de ma famille et de mes amis. Je suis né et j’ai grandi à Mbanga.

Je me dis que c’est parce que je suis calme que les autres détenus ont commencé à me respecter. Lorsqu’il a fallu choisir un chef de cellule, ils ont voté pour moi. Le poste confère quelques avantages puisque c’est moi qui collectais désormais les droits de cellule. Cet argent permet de résoudre les problèmes qui se posent dans la cellule : acheter le matériel de nettoyage, des matelas ou une nouvelle ampoule pour éclairer la cellule.

De temps en temps, je faisais moi-même ma cuisine. Puis un jour, on avait besoin d’un cuisinier dans la prison. Mes camarades m’ont encore choisi. Depuis, je suis domestique et j’ai désormais une cellule à moi seul. J’y ai mis un lit, un téléviseur, un lecteur Cd et un ventilateur. Je n’ai aucun problème, ni avec les autres prisonniers, ni avec les gardiens. Une fois que j’ai fini la cuisine, je suis autorisé à quitter la prison pour ne revenir que le soir. Cela me permet de cultiver des champs. Je prépare déjà ma vie après la fin de ma peine. Je suis célibataire mais j’ai deux enfants. J’ai arrêté les études en classe de Seconde, série secrétariat médical. Je ne devrais donc pas avoir de mal à me recaser. On verra bien.

Clichés : Une annexe en décrépitude.Le régisseur craint une catastrophe provoquée par le bâtiment construit il y a moins de dix ans.L’annexe de la prison principale de Mbanga est au moins de 20 ans la cadette du bâtiment principal construit en 1973. Or, cette annexe paraît aujourd’hui bien vieille par rapport à sa sœur aînée. «Le bâtiment est en totale décrépitude, si bien que j’ai peur d’y loger des prisonniers en nombre important car l’édifice peut s’écrouler», explique le régisseur Simon Enow Eyong. «Pourtant, l’annexe pourrait permettre de décongestionner la prison originelle où les détenus étouffent presque». Il s’indigne que le bâtiment soit ainsi tombé en ruines sans même avoir été utilisé.

La première chose qui inquiète, c’est la dalle qui fait office de toiture. Celle-ci est considérablement fissurée de toutes parts. Dans presque toutes les cellules, il manque des pans de béton sur la dalle, si bien qu’on voit le fer formant l’armature. Ce fer est très entamé par la rouille à cause de l’eau des pluies qui s’infiltre désormais et ruisselle sur les murs. Du coup, la moisissure s’est installée et les cellules, pour la plupart, sont vides. Elles servent plutôt de magasins. Ici sont parqués de vieux matelas. Là, ce sont de vieilles planches. Plus loin, c’est du sable qui est stocké.

Seuls 15 détenus, domestiques, vivent dans cette annexe. «Nous souffrons des inondations lors des pluies», déplore un prisonnier. «Les toilettes sont dans un piteux état. Les excréments remontent par les pots des Wc», ajoute-t-il. Et le régisseur de renchérir que les installations d’eau sont défectueuses. C’est pourquoi le précieux liquide coule par intermittence. Au mauvais état de la dalle et des équipements, s’ajoute l’état défectueux des portes qui, bien que métalliques, s’arrachent d’elles-mêmes à cause de la rouille. Rares sont les cellules qui ont encore une porte. Ces ouvertures sont entreposées dans des coins de la cour.

C’est en 1986 qu’avait été prise la décision de construire une annexe pour résoudre le problème de surpopulation dans les installations originelles de la prison principale de Mbanga. Cette prison était même censée absorber une partie des condamnés de la prison centrale de Douala et de la prison principale de Nkongsamba où l’engorgement a atteint un seuil critique.

Construite quelques années plus tard, l’annexe est vite devenue un vestige.«Il est évident que l’entreprise qui avait gagné le marché l’avait mal réalisé. Il est aujourd’hui urgent de refaire la dalle ou de construire un vrai toit si on veut éviter une catastrophe», martèle le régisseur. En effet, l’annexe où il existe une vaste cour est essentiellement utilisée pour abriter les cérémonies dans la prison. En plus, c’est sur la dalle à problème que les gardiens veillent au grain. Un mirador y avait été installé.

© Le Jour : Assongmo Necdem

1 février, 2010 à 20:09 | Commentaires (0) | Permalien


Opération épervier : Pourquoi des personnes arrêtées recouvrent la liberté

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La « modicité des sommes en cause » aurait milité pour leur sélection, indiquent nos sources. Le parquet se montre peu disert sur ce qui est considéré comme une évolution dans la conduite de l’opération Epervier,dont la troisième phase a été relancée au début du mois de janvier dernier. D’après nos informations, des personnes mises en cause ont été autorisées à verser des sommes d’argent en échange de l’abandon des poursuites pénales engagées contre elles. Plusieurs personnes mises en cause dans les détournements de deniers publics au ministère des Enseignements secondaires et au ministère de l’Education de base ont saisi cette perche, indiquent nos sources, en s’acquittant de ces frais et bénéficié ainsi de la liberté. Les mêmes sources indiquent que le principal critère de sélection des bénéficiaires est la « modicité des sommes mises en cause ».

En clair, il ne s’agit donc pas de remise en liberté sous caution tel que prévu dans le code de procédure pénale, notamment à l’article 224 dont la formulation est la suivante : « (1) Toute personne légalement détenue à titre provisoire peut bénéficier de la mise en liberté moyennant une des garanties visées à l’article 246 (g) et destinées à assurer notamment sa repré¬sentation devant un officier de police judiciaire ou une autorité judiciaire compétente. (2) Toutefois, les dispositions du présent article ne s’appliquent pas aux per¬sonnes poursuivies pour crime passible de l’emprisonnement à vie ou de la peine de mort ». Les garanties énumérées à l’article 246 (g) pour la représentation en justice sont « soit un cautionnement dont le montant et les modalités de versement sont fixés par le Juge d’Instruction, compte tenu notamment des ressources de l’inculpé, soit un ou plusieurs garants …»
La remise en liberté de certains suspects est bien une relaxe avec abandon des poursuites, indiquent nos sources. Se pose donc le problème du fondement juridique de cette perche tendue par l’accusation. Me Claude Assira, avocat et enseignant de droit pénal à l’université catholique d’Afrique centrale, (lire ci-dessous l’intégralité de son interview) parle de la notion de transaction qui permet justement à l’accusation de transiger : « Dans certains cas, on laisse la possibilité à l’autorité chargée des poursuites de mettre un terme à l’action publique, si elle peut obtenir de la personne mise en cause, du suspect, l’accomplissement d’un certain nombre d’obligations civiles dont le paiement d’une amende forfaitaire qui mettrait un terme à l’action publique que le procureur de la République aurait dû mettre en œuvre ».

L’article 64 du code de procédure pénale prévoit pour sa part que : « (1) Le Procureur Général près une Cour d’Appel peut, sur autorisation écrite du Ministre chargé de la Justice, requérir par écrit puis oralement, l’arrêt des poursuites pénales à tout stade de la procédure avant l’intervention d’une décision au fond, lorsque ces poursuites sont de nature à compromettre l’intérêt social ou la paix publique. (2) Dans le cas prévu au paragraphe 1 du présent article, le Juge d’Instruction ou la juridiction de jugement constate un dessaisissement sur l’action publique et donne mainlevée des mandats éventuellement décernés contre le bénéficiaire de l’arrêt des poursuites. (3) Lorsque l’action publique a été arrêtée en application de l’alinéa 1er, le Juge d’Instruction ou la juridiction de jugement poursuit l’instruction ou l’examen de l’affaire sur l’action civile. (4) L’arrêt des poursuites n’empêche pas leur reprise lorsque celles-ci se révèlent nécessaires…».

Nos sources indiquent que cette transaction a été proposée « au cours d’une communication spéciale » aux suspects par un émissaire du parquet pendant la phase de garde à vue à la direction de la police judiciaire en janvier dernier. Elle a été diversement appréciée. Le Jour n’a pas pu obtenir des détails sur la signification exacte de la notion de « modicité des sommes en cause », évoquée pour limiter le bénéfice de cette offre à quelques personnes. Plusieurs observateurs reconnaissent cependant qu’il s’agit d’un tournant majeur car c’est bien la première fois, depuis le lancement de l’opération Epervier, qu’une telle offre est faite par l’accusation.

Me Claude Assira : «Si des gens ont pêché par le porte-monnaie, autant les condamner par le porte-monnaie »

L’avocat et enseignant de droit pénal à l’université catholique d’Afrique centrale parle du versement des sommes d’argent par des mis en cause de l’opération Epervier pour recouvrer la liberté.

La semaine dernière, un débat relayé dans la presse a fait état de la mise en liberté de certains suspects interpellés dans le cadre de l’opération Epervier. On parle de remboursement par ces derniers des sommes détournées. Cette notion est-elle prévue dans le code de procédure pénale ?
Ce débat incite d’abord à la prudence. Il faut faire très attention aux concepts qui sont utilisés. Personne n’a pris la peine de vérifier préalablement quelle est l’étape procédurale où on se trouve, pour être certain qu’il s’agit bien d’un concept de remboursement. La deuxième chose, qui doit être déduite de ce que je viens d’indiquer c’est qu’il faut procéder à des vérifications préalables pour être sûr que nous parlons bien de la même chose. Pour répondre plus directement à votre question portant sur le remboursement, je dois dire que c’est une notion qui est impropre en matières de droit pénal. Le remboursement est plutôt, souvent, une notion de droit civil. On peut envisager la notion de transaction, que le code pénal emprunte au droit civil. C’est-à-dire que dans certains cas, on laisse la possibilité à l’autorité chargée des poursuites de mettre un terme à l’action publique, si elle peut obtenir de la personne mise en cause, du suspect, l’accomplissement d’un certain nombre d’obligations civiles dont le paiement d’une amende forfaitaire qui mettrait un terme à l’action publique que le procureur de la République aurait dû mettre en œuvre, selon les moyens du droit commun. Je pense que la notion la plus approchante est celle de la transaction, que la procédure pénale emprunte pour permettre l’extinction de l’action publique en la faisant asseoir sur cette notion civile.

La remise en liberté de personnes mises en cause dans l’opération Epervier s’inscrit, selon vous, dans une démarche légale ?
Ce que je veux dire c’est que le paiement d’une somme d’argent peut avoir été effectué en amont de la procédure. Dans ce cas, on peut imaginer qu’il s’agit du paiement de caution. Mais il faut préciser que le paiement d’une caution n’efface pas l’action publique, elle la maintient. La caution donne la possibilité, si vous me permettez l’expression, d’acheter sa liberté. Dans ce cas, la procédure va se poursuivre contre la personne mise en cause, même si cette personne est libre. En revanche la transaction éteint purement et simplement l’action publique. Quand la transaction a été accomplie, il n’y a plus de procédure. La question de savoir si la personne va être remise en liberté ou pas, s’il va avoir restriction de ses droits ou pas ne se pose même plus.

Le juge d’instruction a-t-il un pouvoir illimité en matière de remise en liberté sous caution ?
Une disposition particulière du code de procédure pénale restreint la liberté du juge d’instruction. Cette disposition exclue du bénéfice de la remise en liberté sous caution les personnes qui encourent la peine de prison à vie ou éventuellement la peine de mort.
Précisément, la plupart des personnes remises en liberté avaient été mises en cause pour détournement de deniers publics. Et le code pénal prévoit la prison à vie lorsque la somme détournée excède 500 000 Fcfa. C’est une entorse.
En tant qu’exégète du code de procédure pénale, évidemment je vais m’effrayer. Mais en tant avocat, défenseur de la liberté, je ne me plaindrai pas que le procureur de la République ou le juge d’instruction procède à une sorte de comblement de la loi ou de rattrapage. Il n’y a pas de raison particulière d’exclure les personnes qui encourent la peine de prison à vie ou la peine de mort. Il faut le rappeler, la liberté est la règle, il faut une décision exceptionnelle pour y mettre un terme. Personnellement, je pense qu’il s’agit d’une entorse salutaire.
Comment ces sommes d’argent versées sont-elles conservées ?
En principe c’est aux greffes. Lorsque les greffes sont bien organisés, c’est le greffier en chef ou éventuellement une personne qu’il a désigné, qui peut recevoir ces frais qui vont être ensuite reversés au trésor public. Théoriquement, c’est donc le trésor public qui est le dépositaire des fonds qui ont été versés.

Il y a comme une confusion générale pour le grand public. Un coup on parle de remboursement, un autre de transaction ou de caution, le parquet ne doit-il pas communiquer pour clarifier les situations des uns et des autres ?
C’est tout le débat de la Justice. Elle a cette ambivalence qu’elle nous concerne dans tous nos actes, mais dans le même temps on ne la connaît pas toujours. Malgré l’adage nul n’est sensé ignorer la loi, on connaît encore moins les lois, aussi bien celles qui nous protègent que celles qui nous menacent.

La question du recouvrement des sommes d’argent détournées par l’Etat a été présentée jusqu’ici comme le ventre mou de l’opération Epervier. Le paiement de ces frais par certains mis en cause apparaît comme un début de solution…
Je n’ai pas besoin d’être simple citoyen pour épouser votre suggestion. Il me souvient que l’année dernière, à l’occasion d’un débat auquel j’avais été convié, j’avais indiqué ce que je dis souvent à mes étudiants. De mon point de vue, l’emprisonnement est une peine extrêmement inadaptée actuellement. Si vous voyez l’état de nos prisons, il y a une surpopulation carcérale. Il faut s’occuper de ces personnes dans la dignité. Or nous sommes dans un Etat limité par ses moyens. Ma solution, qui est une solution transactionnelle, est la suivante : lorsque les mis en cause vont être reconnus coupables des faits pour lesquels ils sont poursuivis, si elles ont pêché par le porte-monnaie, autant les condamnés par le porte-monnaie. Ces personnes reversent ainsi à l’Etat du Cameroun ce qu’elles ont pris indûment. Le contexte dans lequel elles ont posé des actes doit être pris en cause dans l’appréciation de leur responsabilité. Un certain laxisme a contribué à encourager ces actes.

Verser des sommes d’argent dont les montants sont parfois faramineux, afin de recouvrer la liberté ne peut-il pas se retourner contre ceux qui se livrent à cet exercice, confirmant ainsi en partie les soupçons ?
C’est une simplification. Verser une indemnité pour recouvrer la liberté ne peut pas être considéré comme un aveu. N’importe quelle personne à qui on ferait ce choix, choisirait de payer pour être libre.

Écrit par Claude Tadjon

1 février, 2010 à 20:05 | Commentaires (0) | Permalien


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