Crise au RDPC: Encore un brûlot sur le parti au pouvoir

YAOUNDE – 7 Juin 2005
© JEAN-PIERRE AMANA | Aurore Plus

Crise au RDPC: Encore un brûlot sur le parti au pouvoir dans politique comment_16x16  cin_folder_hot dans politique

Après le “livre blanc” de Mila Assoute et la dynamique moderniste, le Rdpc se fait à nouveau critiquer de l’intérieur. Charles Ateba Eyene vient en effet de commettre son livre jaune. Sorte d’opuscule, plaidoyer contre la philosophie dévoyée par les pontes du parti de la flamme. Note de lecture.

« Et demain le Rdpc”. Tel est le titre qui barra la Une du quotidien gouvernemental, édition N0 8315/4514 du jeudi 24 mars 2005, alors qu’à l’occasion de son vingtième anniversaire, ce parti tente d’évaluer les forces et les faiblesses du chemin parcouru, ainsi que les enjeux et les défis du futur. Comme cela est rarement le cas, les plumitifs de Cameroon Tribune, en lieu et place de l’Action (journal du parti) absent des kiosques pour des raisons de trésorerie, poussent un peu sur le bouchon de la pertinence. Dans la même foulée mais dans l’impertinence qu’on lui connaît, Aurore Plus emboîte le pas a C.T. quelques temps plus loin, alors que dans une de ses récentes éditions, le journal de Michel Michaut Moussala ouvre une enquête sur le Rdpc. Et l’abondante littérature, loin s’en faut dithyrambique sur le Rdpc s’enrichit de nouvelles chroniques acerbes. C’est dire si le Rdpc inspire bien les historiens du temps et autres professionnels de la plume.

En atteste encore le dernier et tout récent opuscule que vient de commettre le non moins prolixe Charles Ateba Eyene, qui a non seulement le mérite, mais aussi l’audace et le courage de critiquer de l’intérieur le parti qu’il respire. Une autre façon à lui de ne point cacher son engagement militant pour un parti qui semble aller à la dérive. Ou autrement son militantisme engagé pour un parti qui va mal. Très mal, fut-il celui aux affaires. Charles Ateba Eyene a donc eu l’outrecuidance de le faire sans fards, sans fioritures ni flagornerie, “le temps d’un regard” qu’il voudrait à la fois “militant et citoyen”. Un coup d’œil critique et instructif, qu’il jette en arrière sur place et au-devant, pour scruter l’horizon: “Le Rdpc hier, aujourd’hui et demain” est le titre de cet ouvrage de 155 pages subdivisées en cinq (5) chapitres qui fera sans nul doute couler encore beaucoup d’encre et de salive.

Chapelet de lamentations

Cinq temps forts pendant lesquels l’auteur jette graduellement, presque chronologiquement, un regard franc sur une entité politique qu’il connaît bien, à en croire ne serait-ce que son parcours propre. Charles Ateba Eyene est en effet militant actif au Rdpc depuis 1990 dans le comité de base de son village natal Bikoka par Lolodorf, département de l’Océan. Il entre au Bureau national des jeunes du Rdpc six (6) ans plus tard, au congrès de 1996, comme délégué à la Communication. Sous un prisme que l’on n’apprécie pas beaucoup, celui du petit poucet donneur de leçons (Charles Ateba Eyene est par ailleurs coordonnateur national du club Ethique du Cameroun). Il annonce la couleur en 1999, quand il publie un livre pour expliquer le “coma” du Bureau national OJRDPC. Après avoir soutenu en 2000 un mémoire sur “Le Rdpc et la promotion de son image”, aujourd’hui galvaudée, il publie de nouveau en 2003 “Le guide de la militante et du militant d’après les textes de base” qui du reste demeure un outil de travail précieux et très apprécié des militants de ce parti.

En cinq chapitres donc, l’auteur du “Rdpc hier, aujourd’hui et demain” passe en revue non seulement un pan du passé socio-politique Camerounais, mais aussi et surtout l’histoire et la vie du Rdpc depuis sa naissance à nos jours, avec en prime une projection sur son avenir incertain. Un chapelet de lamentations en cinq parties en somme, qu’égraine Ateba Eyene depuis les circonstances socio-historiques ayant précédé la naissance du Rdpc, voire le passé lointain de ce parti sur lequel ceux qui l’aiment véritablement ont déjà suffisamment versé tant de larmes. Par-delà et au travers d’une “chronique d’un parcours sucré et salé”, où l’expérience de la pensée unique le dispute à la démocratie, dates et événements majeurs à l’appui, qui se voudraient être les repères d’une idéologie de l’avenir, au service du parti du président Biya à qui il dédicace entre autres l’ouvrage; avec les mots qu’il faut: “Au grand camarade, inspirateur des réformes du Rdpc, qui promit au Congrès extraordinaire de 2001 que le Rdpc ne sera jamais un parti de conservateurs”.

Impact sur la vie du Rdpc

Singulièrement le chapitre 3, qui situe le Rdpc dans des temps plus contemporains, marquera certainement les esprits éclectiques, iconoclastes, par ses “certitudes mais surtout ses angoisses et doutes”, qui en font la quintessence. Notamment à propos du secrétariat général; de la Direction des organes de presse et d’édition (DOPE) que dirige Christophe Mien Zok; des Congrès du Rdpc; de la médiocrité, de l’opportunisme et de la corruption de ses cadres. “Le phénomène Pierre Mila Assoute” et l’irruption du groupe des modernistes avec leur impact sur la vie du Rdpc y tiennent une place de choix; bien en face des conservateurs et autres multiples thuriféraires, caciques et élites; et à côté des multiples mouvements des jeunes et des femmes se réclamant ou gravitant autour.

Le tout entre les balises éditoriales, préfacières et postfacières de Rose Zang Nguelé (ancien ministre, membre du Comité central du Rdpc) et de Pascal Nyamding Messanga (Anthro-politologue, directeur des sciences politiques, Dr en droit public, ancien président de la sous-section Rdpc de Paris-Sud section 1 de France), Charles Ateba Eyene n’en déplaise, signe enfin le contrat d’une énième et nouvelle clause de conscience dont l’essence fondamentale prend corps depuis le tout premier congrès du Renouveau a Bamenda (21-24 mars 1985). Et vingt (20) bougies plus tard, cet âge d’aujourd’hui qui est celui de la majorité politique au Cameroun donne le prétexte de s’interroger. Demain, le Rdpc continuera-t-il à conserver la place de parti leader sur la scène camerounaise riche de près de 200 formations politiques ? Sombrera-t-il dans la médiocrité, la dislocation et la ruine ? Le président fondateur Son Excellence Paul Biya est-il le gage de survie de ce parti? Là sont autant de pertinentes questions dont l’essentielle est celle de savoir si le Rdpc survivra à Paul Biya.

Pour l’auteur, les réponses a ces questionnements se trouvent dans l’introspection des tenants de la ruine du Rdpc s’appuyant sur les conflits, les complots, les nombreux dysfonctionnements visibles dans ce parti, l’opportunisme, le mauvais zèle de certains militants généralement ignorants des textes de base de leur parti, et la tendance pour certains à se réfugier derrière les victoires du Rdpc aux différents scrutins depuis 1985. En réfléchissant au demeurant à haute voix sur “Le Rdpc hier, aujourd’hui et demain”, l’auteur veut partager les certitudes, mais surtout, les angoisses, les craintes, les peurs que le Rdpc suscite aujourd’hui dans la perspective que, les tares du présent n’endommagent pas l’avenir de cette formation politique. Pour ce faire, il préconise des solutions qu’il voudrait simples et pratiques, mais incontournables, visant la réconciliation du Rdpc avec lui-même, avec ses militants et le peuple camerounais. Il s’agit pour le Rdpc d’une autoconscience pour éviter d’être surpris demain, de paraître atone. Un message clair à qui de droit, à décharge de ne plus trop attendre d’arrêter une gangrène chaque jour aggravée.

Alors que le vœu demeure encore pieux et l’attente impatiente que le Président Biya convoque enfin ce Congrès ordinaire qui devrait se tenir “bientôt” qui n’en finit jamais, ou du moins depuis qu’il l’a annoncé le 29 mars 2005, au sortir de la réunion du Bureau politique du Rdpc au palais de l’Unité.

Enfin, de lecture aisée, l’ouvrage de Charles Ateba Eyene, récemment achevé d’imprimer sur les presses offset de l’imprimerie Saint-Paul, disponible aux éditions Clé et à la Librairie des peuples noirs est à lire absolument.

8 juin, 2005 à 9:08 | Commentaires (0) | Permalien


Diaspora – Présidentielle 2004: l’essentiel est il de participer ?

Le « Conseil National pour la Résistance » appelle au boycott…

«Présidentielle 2004 au Cameroun: l’essentiel est il de participer ?? Toute participation au scrutin du 11 octobre est l’ acceptation d’une loi électorale inique, abjecte et scélérate et la légitimation du système néo-colonial sclérosé de Paul Biya»

Depuis que Paul Biya a illégalement fixé la date de l’élection présidentielle pour le lundi 11 octobre 2004, une certaine opposition camerounaise, qui disait du bout des lèvres que « la présidentielle de 2004 est gagnée d’avance » par le candidat du RDPC faute d’une commission électorale indépendante, croit désormais, et très sérieusement d’ailleurs, en ses chances de chasser Paul Biya du pouvoir au soir du 11 octobre. On se croirait entrain de lire un roman de politique-fiction de mauvais goût !

Toutes les têtes d’affiche de l’opposition qui, il y a seulement 15 jours, dénonçaient encore, les conditions frauduleuses qui entourent, aussi bien en aval qu’en amont, l’organisation des élections au Cameroun, ont subitement abandonné au placard leur rhétorique sur la modification du code électoral, l’informatisation du fichier électoral etc., pour être candidats à l’élection présidentielle du 11 octobre contre Paul Biya, qu’ils savent déjà vainqueur.

Nous nous éfforcons encore à comprendre comment une loi électorale qui a été décriée, depuis des années, et présentée comme inique, frauduleuse et antidémocratique serait-elle subitement devenue « juste » au point de faire croire à quelques opposants, y compris les plus lucides, qu’ils pourraient battre Biya dans cette élection à un tour, organisée par une administration RDPC corrompue et griotte et dont les résultats sont proclamés par une cour suprême aux ordres, ayant fait la preuve par le passé, qu’elle n’est qu’une caisse de validation des fraudes électorales du régime impopulaire au pouvoir !!

Le plus grave dans toute cette ambiance d’irresponsabilité, d’inconséquence et de trahisons politiques, est le concert de manipulations auxquelles se livrent certaines factions bourgeoises (représentant des intérêts étrangers) en entretenant dans l’opinion nationale, l’illusion qu’un «candidat unique de la Coalition » pourrait déloger Paul Biya du pouvoir».

Faire croire à nos compatriotes que c’est la « candidature unique de l’opposition » qui est le vrai combat à mener aujourd’hui contre la dictature incompétente au pouvoir relève d’une malhonnêteté et d’une vaste escroquerie politiques. Le seul combat qui vaille la peine en ce moment, c’est prioritairement de boycotter sans ménagement la supercherie du 11 octobre 2004 et de continuer la lutte pour le renversement du régime corrompu et l’organisation de vraies élections par une Commission Electorale Indépendante.

L’élection présidentielle n’est pas un jeu olympique où « l’essentiel est de participer ».Il ne sert à rien de prendre part à une élection qu’on sait par avance frauduleuse et qui est visiblement entouré par a un dispositif de fraudes soigneusement huilé et se mettre à crier « à la fraude » et à « ma victoire volée » dès que Paul Biya aura réalisé son hold up électoral !Ce ne serait pas sérieux ! Ce serait faire preuve d’irresponsabilité notoire…

Nous voulons ici, lancer un appel urgent à Jean Michel Tekam, Ekanè Anicet, Hubert Kamgang, Yondo Black, Samuel Mack kit Djeukam Tchameni, et ceux des candidats qui pensent incarner le progressisme camerounais, à ne pas cautionner cette mascarade et à reprendre la place qui est naturellement la leur dans le camp de la Résistance et du Boycott.

La cohérence et l’honnêteté dans notre démarche politique nous impose le boycott actif comme seule réaction à cette duperie du 11 Octobre. Tout le reste, et surtout, ces luttes fratricides entres les factions bourgeoises pour une hypothétique et inopérante « candidature unique », n’est que pure diversion et s’apparente à de la sorcellerie politique visant à détourner le peuple camerounais de sa résistance quotidienne contre l’oppression néo-coloniale au pouvoir.

Toute participation au scrutin du 11 octobre serait l’ acceptation d’une loi électorale inique, abjecte et scélérate et la légitimation du système néo-colonial sclérosé et fraudeur au pouvoir.

«Partir comme Mobutu ou partir comme Diouf Paul Biya a choisi !»

Hambourg, ce 23 septembre 2004.

Tene Sop Guillaume
Porte parole du Conseil National pour la Résistance / Mouvement Um Nyobiste
Contact : cnr-mun@afrik.com

Déclaration du Comité de Suivi du Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora (Le CODE) réuni le 25 septembre 2004 à Paris.

Une Réunion du Comité de Suivi du CODE s’est tenue à Paris le samedi 25 septembre 2004 dans le cadre du programme d’action semestriel du Collectif et elle s’est prononcée sur la situation politique nationale.

L’élection présidentielle aura lieu le 11 octobre 2004 au Cameroun alors qu’aucune des conditions posées par l’ensemble des forces politiques, la société civile et la Diaspora ne sont réunies ; à savoir: une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), une élection à deux tours, la majorité électorale à 18 ans, la reconnaissance du droit de vote de la diaspora camerounaise et le bulletin unique, entre autres.

Le ministre en charge des élections, instigateur en chef des fraudes électorales,S vient d’estimer que 4,6 millions d’électeurs sont inscrits sur les listes électorales alors que les observateurs en attendaient au moins 10 millions, en comptabilisant ceux des électeurs potentiels de la diaspora. En réalité, il y en a largement moins car le pouvoir dictatorial corrompu de Biya contrôle seul l’ensemble du processus électoral. Cette situation de désaffection et démobilisation des électeurs est due au manque de confiance des populations vis à vis de l’autorité en charge des élections quant à sa volonté d’organiser des élections véritablement libres et transparentes.

Tenant compte de ce qui précède, le Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora(le CODE) considère ces élections comme nulles et non avenues car elles ne visent qu’à légitimer la confiscation du pouvoir par un régime chaotique, dépassé et sans vision prospective pour le Cameroun.

Par conséquent, le président qui sortira d’un tel hold-up électoral prémédité sera considéré comme dénué de toute légitimité démocratique et sera combattu avec détermination jusqu’à son renversement.

Afin de dénoncer cette inadmissible mascarade électorale du 11 octobre au Cameroun, le CODE et les organisations de la Diaspora ont décidé d’organiser un vote symbolique de protestation à Paris, le Dimanche 10 octobre, sur le Parvis des Droits de l’Homme , au Trocadéro à partir de 14 heures.

Pour la liberté et la démocratie au Cameroun, mobilisons nous!

Fait à Paris, ce Samedi 25 septembre 2004.

Le Comité de Suivi du CODE
Contacts: comitedesuivicode@yahoo.fr

26 septembre, 2004 à 11:49 | Commentaires (0) | Permalien


La diaspora se met aussi en branle

 

Douala, le 17 Août 2004
© Jacques Doo Bell | Le Messager

A l’intérieur comme à l’extérieur, l’opposition constitue des fronts et des alliances qui ont tous pour ambition de parvenir à l’alternance en 2004.

On avait jusque-là l’habitude de lire dans les colonnes des journaux les contributions d’Abel Eyinga et autres opposants camerounais basés à l’étranger. Depuis quelques jours, deux grosses pointures de l’opposition séjournent du Cameroun. Des vacances, certes. Mais, les activités politiques sur le terrain occupent une bonne partie de ce ressourcement au pays. Sauvetage de la patrie oblige!

Siméon Kuissu, upéciste bon teint promoteur et coordonnateur de One challenge (Oc) donne demain 12 août à la Maison des jeunes et des cultures une conférence de presse. Occasion pour lui de faire le point sur l’accueil réservé jusqu’ici à son concept depuis son lancement il y a environ six mois. Auteur d’un autre concept, “debout le Cameroun”, Chrétien Tabetsing, l’enfant terrible du Sdf est également annoncé. Pour réveiller les Camerounais et les conditionner pour l’action, car comme le dit si bien Siméon Kuissu, “l’alternance et l’alternative dans notre pays passent par le rassemblement et l’action des patriotes et démocrates indépendamment des partis politiques auxquels ils appartiennent”. Cette conviction est d’ailleurs la base de lancement de One Challenge.

Selon Siméon Kuissu “le problème à résoudre est alors d’aller aux élections sans se faire piéger. C’est possible! D’autres l’ont réussi, pourquoi pas nous? Pour y parvenir Oc propose une voie nouvelle pour sortir de l’impasse. Jusqu’à présent, l’opposition s’est contentée de réclamer une commission électorale nationale indépendante. Cette revendication reste nécessaire, mais elle dépend du bon vouloir du pouvoir qui a rusé sur la question en créant l’Onel. Il faut désormais ajouter une deuxième revendication qui dépend, elle, de nous tous la mobilisation des citoyens pou exiger la candidature unique de l’opposition à la prochaine élection présidentielle. Cette candidature doit être accompagnée par des dispositions concernant toutes les étapes du vote : préparation, déroulement, proclamation des résultats, etc…”.

Notre interlocuteur avoue néanmoins que l’idée de candidature unique de l’opposition à l’élection présidentielle n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau, à en croire Siméon Kuissu, c’est de vouloir la faire passer dans les faits, la concrétiser. C’est aussi de faire participer les citoyens et ce faisant, aider à l’éveil du peuple. C’est enfin de vouloir prendre des dispositions pour que, si ce candidat est élu, sa victoire ne soit pas volée. Depuis, l’idée fait du chemin. Même si elle se heurte à des craintes que l’auteur du concept trouve “légitimes”! La première appréhension est celle de ne pas trouver l’homme politique qui mériterait d’être investi candidat unique de l’opposition. L’autre crainte qui fait d’ailleurs partie des moeurs politiques au Cameroun depuis 1992 est de voir d’autres candidats se maintenir en lice ou boycotter l’élection.

Siméon Kuissu pense que celui sur qui devraient miser les électeurs camerounais en 2004 pour un réel changement dans le pays ne se trouve sans doute ou peut-être pas dans la cohorte des partis politiques jusqu’ici légalisés, ni dans ceux qui le seront encore dans le laps de temps qui conduit vers la prochaine échéance. “Celui qui sauvera la nation est dans la nation”, insiste-t-il. Il faut donc élargir le cercle de recherche, y inclure ceux qui ne sont pas “chefs” de partis, les jeunes et les moins jeunes, connus et moins connus, selon les profils de Kuissu qui martèle : “il est impossible que notre pays ne trouve pas un chef parmi ses enfants. Car c’est d’un véritable chef que notre pays a besoin; et il est bon que toute l’opposition s’aligne derrière son chef, sans confondre “s’aligner” avec “se mettre à plat ventre”. Il estime que le maintien d’autres candidats de l’opposition à côté du candidat unique ne pose pas un grand problème car les candidatures parallèles se discréditeront d’elles-mêmes face au candidat qui émergerait comme rassembleur.

C’est dire qu’il faut surmonter les particularismes et égocentrismes observés jusqu’à présent, réconcilier les Camerounais avec la politique, les convaincre de la réalité du changement qui n’est pas utopique. Surtout que “le candidat unique” version Kuissu “doit être un homme qui peut et qui veut gagner”. Le coordinateur de One challenge lance un avertissement en substance : “si l’opposition ne se ressaisit pas d’ici l’élection présidentielle devant la situation parfaitement prévisible de n’avoir qu’à choisir entre aller aux élections dans la débandade ou ne pas y aller du tout. Dans les deux cas c’est assurer pour 7 ans encore, le pouvoir de Paul Biya”.

La conférence de presse de demain permettra à n’en pas douter à Siméon Kuissu de mieux imprégner l’opinion sur son concept. En attendant également dans les tout prochains jours que Chrétien Tabetsing mette le Cameroun “debout”. On peut bien se demander à la fin pour qui roulent ces deux-là puisque la loi leur interdit de briguer tout mandat électif au Cameroun.

18 août, 2004 à 10:03 | Commentaires (0) | Permalien


Decentralisation: De la démocratie locale

 

Le 19 juillet 2004
© SUZANNE KALA-LOBE | La Nouvelle Expression

Le débat ayant eu cours lors de la dernière session de l’Assemblée nationale, est porteur d’un intérêt dont chaque citoyen ne mesure pas l’importance. Il est un de ces débats de fond dont les conclusions bouleversent si radicalement certains us et coutumes que les enjeux n’arrivent pas toujours à être bien explicites.

Parce que le débat politique, coincé entre les obligations sectaires des logiques de propagande et la question politique de la distribution, voire du partage du pouvoir, est très souvent paralysé par ces contingences là! L’intitulé du débat: c’est la question de la décentralisation. Le contexte étant, l’élection présidentielle pour laquelle de nombreuses dispositions semblent vouloir être prises pour que le Cameroun apparaisse sinon comme un pays de transparence démocratique. Du moins comme un pays qui aurait voulu, mais … ne peut point! Une question donc qui hante la scène politique camerounaise depuis 1996, année de l’adoption de la Constitution, qui disposait que de nouvelles collectivités territoriales allaient être instituées, suggérant que l’on puisse procéder à une réforme dans la distribution des pouvoirs entre la tutelle donc l’Etat et la périphérie par conséquent les collectivités territoriales à condition de bien redéfinir ce qu’est la collectivité territoriale et ce qu’elle suppose en terme de circonscription géographique et espace d’identification culturelle.

Toutes ces dimensions du débat ne seront naturellement pas prises en compte dans la discussion. Tant celle-ci reste prisonnière des contingences.

Par exemple, le discours de l’opposition n’a de sens, de force et de pertinence que s’il s’essayait à fustiger les contradictions du pouvoir politique dans ce texte et si elle tentait de dévoiler quel est l’enjeu démocratique du débat sur la décentralisation. Mais, avant toute chose, on peut estimer que le fait que le texte de loi sur la décentralisation soit discuté à l’Assemblée nationale. indique les pressions considérables dont le pouvoir a pu être l’objet, mais aussi le caractère indispensable d’une formalisation des limites spatiales et géographiques des collectivités locales.

Naturellement, si au cours de la discussion à l’Assemblée nationale, le débat a semblé se limiter à la notion de partage de pouvoirs et du mode de régulation et de contrôle une fois ce partage établi, de l’exécution des tâches de chacun en fonction de ses compétences et des textes de loi, une question demeure et revient comme une antienne, reprise en cela par Charles Nach Mback. C’est cette tendance a la reproduction du système français, qui témoigne de la défaillance de l’inventivité juridique en Afrique. En d’autres termes, les réformes décentralisatrices posent plusieurs problèmes: une question d’origine si l’on peut dire. Car sur quelles réalités sociales et culturelles s’appuient-elles, et sur quoi entendent-elles légiférer?

Une approche anthropologique: les communautés de la décentralisation sont-elles le reflet exact des représentants que les Camerounais ont de ce qui fait leur territoire de référence et sont-elles des espaces dans lesquels se reconnaissent les citoyens en dehors de toute logique partisane qui, souvent, fonde la critique sur l’incapacité de ceux qui sont au pouvoir à gérer les différenciations tant historiques, politiques que culturelles qui s’opèrent au sein de la société camerounaise?

Cohésion national..

Une telle question ne peut trouver de réponse théorique que si on restitue les fondamentaux, les enjeux des réformes décentralisatrices, mais aussi des contraintes culturelles dans lesquelles celles-ci s’opèrent. Aussi, pourrait on d’abord répondre à la question: quel est l’enjeu des réformes décentralisatrices de manière générale? Elles seraient, selon Charles Nach Mback, ”la recherche d’une coïncidence entre les notions de communes et de communautés, parce qu’elles comportent un volet consacré à la reconfiguration territoriale et politique des collectivités locales. Elles entendent redéfinir les contours de ces collectivités, leurs rôle dans l’exercice de la souveraineté ainsi que le régime de relations entre les nouvelles collectivités et leurs habitants. Elles viseraient donc à construire une nouvelle identité locale tout en maintenant la cohésion nationale ».

On le voit, les enjeux aussi bien politiques, anthropologiques que culturels des réformes décentralisatrices sont énormes. Mais, au fond, il y a une question essentielle l’auteur de la réforme a-t-il envie de partager le pouvoir? Les conditions sociohistoriques, permettent-elles une véritable décentralisation impliquant la démocratie locale, alors que la question du droit à la participation au pouvoir reste une des exigences constantes des forces politiques régionalisées. Toutes la spécificité du débat camerounais est là.

Politiques régionalisées

Une société où les élites fortement ethnicisées dans un partage du pouvoir au sens d’une répartition ethnique et régionaliste de celui-ci, tandis que la demande démocratique reste républicaine, en renvoyant l’ethnie aux calendes bantoues pour réclamer une identité voire un autre marqueur de l’identité.
Pire, la question d’un pouvoir central longtemps combattu, pour avoir exercé un monopole exclusif reste à l’ordre du jour des critiques de la loi sur la décentralisation qui aurait du mal à définir la notion de collectivité territoriale, et qui ne fixe guère les mécanismes concrets tant sur le transfert des compétences que sur le transfert des pouvoirs.

En somme, au moment où l’Assemblée nationale discutait de ces textes qui auront à terme une importance décisive dans la vie des ressortissants de ce territoire que l’on appelle Cameroun, cette autre exception culturelle, les questions de fond semblaient paralysées dans le débat partisan. Alors que se posent d’autres problèmes, la référence à la commune est-elle une Idée intériorisée par les masses?

La démocratie locale ne doit-elle pas être instruite par une autre culture ? Celle de la participation, de l’interpellation, du dialogue et de la concertation, pour construire une autre façon de vivre sa citoyenneté. Mais l’élite politique et les entrepreneurs ont-ils ai un seul instant à l’esprit le désir dé démocratiser et de partager le pouvoir? Il est clair que la décentralisation, au-delà des questions théoriques, induit quelques questions de pratiques sociales et de l’état même du mouvement social.

19 juillet, 2004 à 18:01 | Commentaires (0) | Permalien


Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Dg du Feicom: “Il n’y a pas de confusion possible entre les caisses du Feicom et mes revenus personnels”

 

Le 16 Juin 2004
© Le Messager

…Après Bafut, fief du SDF, Ondo Ndong et ses lieutenants sont annoncés les 28 et 29 juin à Koutaba et Kouoptamo dans le Noun pour l’inauguration d’un marché et d’un hôtel de ville dont la construction a été financée par le Feicom…

Depuis quelques mois, les hiérarques du Rdpc ont entrepris de vastes opérations de prosélytisme politique à travers le pays. Ils financent à coups de millions l’obtention des cartes nationales d’identité pour les populations défavorisées, dans un objectif clair, assurer leur inscription sur les listes électorales, pour voter le moment venu, pour le candidat de ce parti. Emmanuel Gérard Ondo Ndong, Directeur général du Feicom et membre du Comité central du Rdpc est de ceux-là qui ont inauguré ces opérations de marketing électoral. Et comme par enchantement, le Feicom est engagé depuis le 25 mai dernier, dans une campagne d’inauguration d’ouvrages dans les municipalités gérées par les partis de l’opposition. Après Bafut, fief du Sdf, Ondo Ndong et ses lieutenants sont annoncés les 28 et 29 juin à Koutaba et Kouoptamo dans le Noun pour l’inauguration d’un marché et d’un hôtel de ville dont la construction a été financée par le Feicom. Pour essayer de mieux comprendre les ressorts d’un tel déploiement, Le Messager a rencontré le Directeur général du Feicom.

Quelles sont les conditions que doivent remplir les communes pour accéder aux financements du Feicom ?

Avant de répondre à votre question, je tiens d’abord à remercier très sincèrement le journal Le Messager que je lis très régulièrement, même si parfois nous ne partageons pas les mêmes points de vue.

Ceci dit, vous voulez savoir les conditions qu’une commune doit remplir pour accéder aux financements du Feicom. Elles sont au nombre de quatre et toutes simples. Le premier élément à verser dans le dossier est une demande par laquelle le maire de la commune concernée nous saisit pour nous faire part de son projet en prenant soin de décrire sommairement ledit projet.

La deuxième pièce exigible est une délibération du conseil municipal, revêtue de la signature du maire et de chaque membre du conseil municipal et qui autorise le maire à solliciter un crédit auprès du Feicom. Cette délibération nous permet de savoir qu’effectivement, le projet envisagé a été souhaité par toutes les populations de la commune concernée représentées par le conseil municipal.

Le troisième document à présenter est le titre foncier ou de propriété. Cet acte doit être visé par les services régionaux du cadastre et accompagné d’un plan de localisation du terrain concerné.

La quatrième pièce enfin, est le compte administratif de la commune afin de mesurer sa capacité d’endettement.

Dès que ces quatre conditions sont remplies, il n’y a pas de raison que le dossier ne connaisse pas une suite favorable dans nos services. Ceci indépendamment de la situation géographique de la commune ou de sa coloration politique.

Bien évidemment il faut tenir compte de nos disponibilités financières qui sont, vous vous en doutez, bien limitées par rapport aux besoins multiples de nos 339 communes.

Quels genres de projets financez-vous ?

De manière générale, le Feicom finance sept types de projets en faveur des communes:

1.- Les bâtiments publics non générateurs de revenus. Ici, il peut s’agir des hôtels de ville, des écoles, des dispensaires, des foyers municipaux, des bibliothèques ou des musées etc…

2.- Les bâtiments publics susceptibles de générer des ressources, il s’agit en l’occurrence de la construction des ensembles commerciaux des marchés et de boutiques, comme celui qu’on a inauguré le 25 mai 2004 à Bafut. Ce peut aussi être des gares routières, des abattoirs, des chambres froides ou la construction d’infrastructures de type agricoles, artisanales, voire industrielles etc…

3.- Les Aménagements urbains non générateurs de revenus : il s’agit notamment des acquisitions de terrains pour la réalisation d’équipements publics, l’aménagement des voiries locales, d’espaces piétons, l’aménagement des cimetières, des réseaux urbains et ruraux d’électricité et d’éclairage public, des réseaux urbains d’adduction d’eau et les équipements de traitement des ordures ménagères et aménagements de décharges spécialisées.

4.- Les opérations d’urbanisme génératrices de revenus : sont concernées ici les acquisitions de terrain, les aménagements de lotissements et viabilisation de zones destinées à l’habitat.

5.- Le financement des études, qu’elles soient architecturales, d’ingénierie du bâtiment et du génie civil ou économiques…

6.- L’achat des véhicules : que ce soient des véhicules de service, de camions, d’engins de travaux publics, de véhicules de transport collectifs etc… Nous aidons les communes à renforcer leur parc automobile pour les rendre plus mobiles sur le terrain

7.- Les avances de trésorerie: Il s’agit ici des prêts de fonctionnement qui peuvent concerner le paiement d’arriérés de salaire, de facture d’eau, d’électricité ou de téléphone, le financement des frais de formation, la participation aux séminaires nationaux et internationaux, le financement de projet d’action culturelle (festivals, foires, expositions etc…).
Voilà les 7 domaines d’intervention du Feicom auprès des communes.

L’inauguration du marché municipal du Bafut a connu la présence de Monsieur Ni John Fru Ndi, quelle lecture faites-vous de cette présence ?

La lecture que j’en fais est toute simple. Je constate avec beaucoup de joie qu’en quatorze ans de démocratisation de la vie politique nationale, les mentalités des Camerounais ont beaucoup évolué. Les uns et les autres ont finalement intégré que le combat politique n’est pas un combat de gladiateurs ou de boxe comme aime souvent à le rappeler le Président Paul Biya. C’est plutôt un débat d’idées. J’ai donc particulièrement été très content de la présence de M. Fru Ndi à cette cérémonie, surtout qu’il a longtemps incarné ce que certains leaders de l’opposition camerounaise avaient baptisé eux-mêmes «l’opposition radicale». Ma joie a été beaucoup plus grande encore, lorsque, prenant la parole aux cours de cette cérémonie officielle, le Président National du Sdf a solennellement remercié le Président de la République S.E.M Paul Biya et à travers lui le gouvernement et le Feicom pour la construction de ce marché au profit d’une commune gérée par son parti politique. C’était quelque chose d’inédit, c’est la première fois que John Fru Ndi, que l’on sait par ailleurs très critique vis-à-vis des pouvoirs publics, félicite ouvertement et publiquement devant ses militants, le gouvernement de la République. C’est qu’il a reconnu à travers cette réalisation du Feicom que le Président Paul Biya œuvre sans distinction de parti politique, de religion ou de situation géographique, à la construction intégrale du Cameroun. C’est une victoire éclatante pour notre jeune démocratie que le leader de l’opposition camerounaise reconnaisse cela. C’est cet esprit démocratique que le Chef de l’Etat a toujours voulu inculquer à tout le peuple camerounais et principalement à l’opposition politique pour qu’elle devienne constructive. L’humilité et l’honnêteté intellectuelle nous recommandent de savoir reconnaître, quand quelque chose est bien faite et de l’apprécier à sa juste valeur. C’est ce que le Chairman du Sdf a fait l’autre jour en félicitant solennellement le Renouveau pour ses réalisations. C’est une avancée considérable de notre jeune démocratie que les autres leaders de l’opposition devraient intégrer.

Vous êtes une personnalité ressource d’accompagnement du Rdpc dans la Vallée du Ntem. C’est l’une des circonscriptions où les élites du Rdpc sont en conflit permanent. A quoi attribuez-vous ces luttes fratricides ?

Il ne faut rien dramatiser. Les luttes fratricides auxquelles vous faites allusion existent partout. Ceci ne justifie certainement pas cela, mais là où il y a déjà plus d’une personne, même au sein des frères d’une même famille, c’est normal qu’il y ait de temps en temps des points de vue contraires. Mais là où ça devient dramatique c’est lorsque ces divergences prennent le pas sur les actions de développement de tout un département ou franchissent les limites de ce département là pour alimenter la presse. Certes toutes ces luttes existent, mais dans la Vallée du Ntem nous restons soudés sur l’essentiel. C’est le soutien inconditionnel au Renouveau National et à l’homme qui l’incarne à savoir le Président Paul Biya. Nous allons une fois de plus le démontrer par un vote massif en sa faveur lors de la prochaine élection présidentielle. Car, tout ce que notre département compte aujourd’hui comme acquis sur tous les plans c’est grâce à lui que nous le devons.

Les personnalités ressources d’accompagnement sont accusées d’entraver le bon fonctionnement du Rdpc à la base …

Cela n’est pas possible dans la mesure où les attributions des uns et des autres sont bien délimitées et les champs d’action différents.

Je m’explique : Les responsables locaux du parti que sont les présidents des sections et des sous-sections sont les chefs du parti à la base. Ce sont eux qui représentent le président national au niveau de leur sous-section. Cela est très clair dans les textes de base du RDPC. Les gestionnaires du parti à la base ce sont ces camarades. Ce sont eux qui animent le parti dans nos villages et arrondissements.

Maintenant les Personnalités ressources d’accompagnement apportent un soutien moral, intellectuel, matériel ou financier. Et je dois préciser ici que les descentes des Personnalités ressources sur le terrain sont généralement circonstancielles. Mais de manière permanente, ce sont les élus locaux du parti qui animent localement le parti. Il n’y a donc pas de conflits de compétence possible. La personnalité ressource d’accompagnement envoyée par le Comité Central ne se substitue pas au président de section, au contraire, il lui apporte son soutien, son expertise et ses conseils. C’est donc un travail en symbiose. En ce qui concerne les trois sections du Département de la Vallée du Ntem, ce problème ne se pose pas.

Les élites du Rdpc sont engagées dans une campagne d’obtention des cartes d’identité pour les populations, est-ce que ce n’est pas une manière d’acheter les consciences ?

Vous parlez des populations et non des militants du Rdpc. Comment peut-on d’emblée savoir que cette personne que j’aide à établir une carte d’identité ira voter pour le compte du Rdpc. Non, soyons sérieux. Notre devoir en tant qu’élite politique, c’est de permettre à un grand nombre de citoyens de s’inscrire sur les listes électorales afin qu’ils exercent librement le moment venu leur droit civique et politique. Comme préalable pour cela, il faut avoir une carte nationale d’identité informatisée. Nous apportons donc une contribution à tous nos frères et sœurs qui n’en ont pas les moyens, ceci sans demander leur chapelle politique afin qu’ils puissent s’établir cette pièce officielle.

Heureusement le chef de l’Etat lui-même a contribué de manière significative à relever le nombre de détenteurs de cette nouvelle carte en baissant substantiellement le coût d’établissement à 2.500 FCFA. C’est donc un devoir républicain que d’aider ceux de nos compatriotes qui n’ont pas suffisamment de moyens afin qu’ils obtiennent cette pièce officielle qui est essentielle dans la vie d’un citoyen. Car, la carte d’identité ne sert pas seulement à aller voter. Vous ne pouvez rien faire, ni même vous déplacer si vous n’êtes pas détenteur de ce document administratif.

Dans la Vallée du Ntem d’où je suis originaire, j’ai modestement apporté un appui financier aux chefs locaux de notre parti pour que toutes les populations de leur ressort politique respectif s’inscrivent massivement sur les listes électorales. Bien évidemment il fallait commencer par leur établir des cartes d’identité informatisées. J’ai donc dégagé des moyens subséquents et beaucoup plus dans l’arrondissement d’Olamze où le problème se posait avec beaucoup plus d’acuité. Tout ceci vise un seul objectif : amener toutes les populations de la Vallée du Ntem en âge de voter, d’exprimer effectivement et librement leur droit de vote le moment venu.

D’où prenez-vous tous les moyens dont vous déployez pour satisfaire les demandes multiformes que vous enregistrez ? Les caisses du Feicom ne sont-elles pas menacées par ces vastes opérations de charité publique ?

D’emblée, je vais vous dire que le Feicom, statutairement a des missions bien précises. C’est accompagner le développement local en apportant aux collectivités territoriales décentralisées un certain nombre de réalisations parmi lesquelles l’accès aux services de base. C’est cette politique définie par les chefs de l’Etat que nous nous employons à mettre en action au quotidien. Quand nous posons donc des actions dans le cadre du Feicom qui est un instrument du gouvernement pour la lutte contre la pauvreté, nous le signalons comme tel. Mais lorsque c’est une action personnelle comme il nous arrive parfois d’en poser, nous le signalons aussi. Est-ce que ce faisant les caisses du Feicom ne sont pas menacées ? A ce propos, je dois sincèrement vous dire qu’il n’y a pas de confusion possible entre les caisses du Feicom et mes petits revenus personnels. Ceux qui me connaissent savent que même bien avant d’arriver au Feicom, j’ai toujours eu à partager le peu que Dieu me donne. C’est une disposition d’esprit. Je ne conçois pas que j’ai mille francs et qu’à côté de moi quelqu’un ne puisse pas manger parce qu’il lui manque cent francs. Partout où je suis passé, que ce soit à l’Université, au Ministère de l’Emploi, à l’Agriculture, j’ai toujours humblement été comme cela, sans qu’une caisse n’ait été menacée. Ici au Feicom, vous pouvez mener votre enquête vous êtes journaliste, vous verrez que le Feicom fonctionne normalement, les salaires des employés sont régulièrement payés, ils perçoivent même d’autres traitements extra salariaux, le Feicom remplit pleinement les missions, les communes ont vu leurs centimes additionnels augmenter d’un milliard à sept milliards par trimestre, les réalisations du Feicom à travers les communes sont visibles et appréciées par tous. Donc ce que vous appelez mes «vastes opérations de charité publique» ne menacent en rien les caisses du Feicom.

18 juin, 2004 à 10:05 | Commentaires (0) | Permalien


Cyberalerte au MINCOM: La « surveillance permanente des sites web » est en marche

Décision portant création, organisation et fonctionnement du Système de Veille et d’Alerte Cybernétique du ministère de la Communication…

La Décision N° 037/MINCOM du 09 juin 2004 portant création, organisation et fonctionnement du Système de Veille et d’Alerte Cybernétique du ministère de la Communication.

Le ministre de la Communication décide :

Article 1er: Il est créé au sein du ministère de la Communication, un Système de Veille et d’Alerte Cybernétique, en abrégé SYSVAC et ci-après dénommé le Système.

Article 2: Placé auprès du ministre de la Communication, le Système est chargé:

- de la surveillance permanente des sites web diffusés sur l’ensemble du réseau Internet;

- de l’édition et du stockage instantanés sur les supports appropriés, des informations pertinentes diffusées à partir des sites web susvisés ;

- de la rédaction quotidienne des rapports sur l’état du web.

Article 3: Le Système est composé ainsi qu’il suit :

Coordonnateur: M. Kaba Aliguen Théophane Didier, chef de Cellule des Technologies de l’information et de la communication ;

Equipe d’appui:

Chef d’Equipe: M. Batamag Jean Thomas, chargé d’études assistant N° 2 à la Cellule de la Liberté de presse et du Droit à l’information.

Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

Webmasters associés: MM. Amougou Joseph, consultant, Dzou Ferdinand, consultant.

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

Article 5 : Les dépenses afférentes au fonctionnement du Système sont imputées au budget du ministère de la Communication.

Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

Article 5 : Les dépenses afférentes au fonctionnement du Système sont imputées au budget du ministère de la Communication.

Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

Article 5 : Les dépenses afférentes au fonctionnement du Système sont imputées au budget du ministère de la Communication.

Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

Article 5 : Les dépenses afférentes au fonctionnement du Système sont imputées au budget du ministère de la Communication.

Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

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Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

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Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

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Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

Equipe d’appui:

Chef d’Equipe: M. Batamag Jean Thomas, chargé d’études assistant N° 2 à la Cellule de la Liberté de presse et du Droit à l’information.

Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

Webmasters associés: MM. Amougou Joseph, consultant, Dzou Ferdinand, consultant.

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

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Le ministre de la Communication,

(é) Pr. Jacques Fame Ndongo

Cyberalerte au MINCOM: La

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Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

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shim dans politique

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Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

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Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

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Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

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Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

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Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

Article 5 : Les dépenses afférentes au fonctionnement du Système sont imputées au budget du ministère de la Communication.

Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

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Membres: M. Mbia Jean Paul, chef de service des Médias et de l’Opinion publique ; Mmes Bintou Abdoulaye, chef de service de la Gestion de l’Aide publique à la communication privée , Mary Ngwe Ngu, cadre à la direction de la Communication privée; M. Wangue Lucien, cadre à la division des Technologies de la communication.

Webmasters associés: MM. Amougou Joseph, consultant, Dzou Ferdinand, consultant.

Article 4 : Le Système peut faire appel à toute personne en raison de son expertise et de ses compétences.

Article 5 : Les dépenses afférentes au fonctionnement du Système sont imputées au budget du ministère de la Communication.

Article 6 : La présente décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera.

Le ministre de la Communication,

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16 juin, 2004 à 20:03 | Commentaires (0) | Permalien


Nsimalen, 09 juin 2004: “Des gens s’intéressent à mes funérailles. Je leur donne rendez-vous dans 20 ans”

 Thierry Ngogang/Mutations

Paul Biya à sa descente d’avion, hier à 16h 30.

Accueil Paul Biya récupère la rumeur
Sans goûter à la plaisanterie, le chef de l’Etat retourne la situation à son avantage.

 » Apparemment, il y a des gens qui s’intéressent à mes funérailles. Je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années… « . En prononçant ces propos aux micros de nos confrères des médias publics à sa descente d’avion hier aux environs de 16 heures, on ne saura peut être jamais si c’est le récent décès de l’ancien président américain, Ronald Reagan, à 93 ans, un âge vénérable, qui a inspiré le président Biya (dont l’âge officiel est de 71 ans). En attendant de savoir s’il compte encore rester au moins aux affaires jusqu’en l’an 2024, hier à l’aéroport de N’simalen, Paul Biya était vraiment mort. De rires. De sourires. A la sortie du pavillon présidentiel, il a déclaré : « Ce n’est pas un fantôme qui vous parle. J’étais en visite privée en Europe et j’ai appris que j’étais mort». Sûr de lui, il a continué : «Nous sommes une démocratie. Nous faisons des efforts pour développer l’économie. Le pays est stable. Nous n’avons pas que des amis…». De retour au pays, le président Biya n’entend pas se reposer de sitôt: « Nous allons inaugurer le pipeline Tchad-Cameroun dans les tous prochains jours à Kribi…C’est un signe que l’Afrique Centrale avance…».

Avec le recul, il est à peu près certain que le processus de récupération politique de cette méchante rumeur a été mis en place depuis les salons du 16ème étage de l’hôtel Intercontinental de Genève, où le chef de l’Etat avait pris ses quartiers avec sa famille et ses gardes du corps depuis le 29 mai dernier. Les relais locaux ayant fait leur travail depuis quelques jours à travers motions de soutiens et autres suppliques, l’on a donc pas été surpris de l’accueil populaire réservé au chef de l’Etat et à sa famille. Un accueil qui s’expliquait d’ailleurs par deux raisons essentielles: la mobilisation villageoise par les élites et, surtout, la curiosité des populations, pressées de voir elles-mêmes que celui que l’on annonçait pour décédé quelque part en Suisse n’était pas un fantôme. Dans ce contexte de  » retour de l’enfant prodige  » (ou prodigue, selon les cas), et autour de messages disposés le long du parcours du genre : « M. le président, n’ayez peur de rien ! », le chef de l’Etat s’en est donné à coeur joie: bains de foule improvisés dans divers coins de la ville, distributions tous azimuts de poignées de mains et larges sourires…Bref, communion avec ses partisans et des curieux sous le regard émus de nombreux thuriféraires du régime, entre-temps sortis du bois, et pressés de clamer, les yeux embués de larmes, que  » Le chef de l’Etat est vraiment aimé, adulé, idolâtré par le peuple tout entier… ».

Responsabilités

Au-delà de l’aspect festif, le retour dans la capitale, du chef de l’Etat, contraste avec l’ambiance délétère qui a prévalu au sein de l’opinion publique nationale et internationale dès la divulgation de cette rumeur en fin de semaine dernière. Une ambiance qui a laissé libre cours, au sein des populations, à des comportements pas toujours rationnels (repli vers les villages, disparition subite de hauts responsables, approvisionnement en vivres et en argent des populations apeurés, conciliabules tribaux, etc). A ce propos, il faut d’ailleurs constater que, contrairement aux tristes événements d’avril 1984, où la population s’était mobilisée pour défendre le jeune régime du Renouveau, ce scénario de débandade collective s’était déjà produit lors de l’explosion à Yaoundé de la poudrière du quartier général au mois de février 2001. Des actes qui dénotent très bien de l’évolution au fil des années du degré d’adhésion des citoyens vis-à-vis des institutions politiques actuellement en place. Des institutions qui sont régulièrement mises à mal par l’entourage immédiat du président, responsable, dans ce cas précis, de n’avoir pas pu (ou su) gérer la campagne de désinformation, au point de faire véhiculer, à son tour, une  » rumeur gouvernementale » imprécise dimanche dernier qui n’a pas du tout apaisé les esprits :

 » Le président est en bonne santé en Europe, et il revient au pays dans quelques jours « . Le même reproche peut être formulé à l’endroit des médias publics. Autour de leur patron Gervais Mendo Zé, les principaux responsables de la Cameroon Radio Television (Crtv) sont coupables d’avoir entretenu le flou à travers des émissions dithyrambiques au cours desquelles certains d’entre eux, pourtant présentés comme de « grands éditorialistes », n’ont pas manqué d’affirmer : « Comme un marathonien, le chef de l’Etat, âgé de 71 ans, avait effectué le dimanche matin une séance de sport (jogging) d’une durée de deux heures… « .

Il y a quelques années, commentant un séjour du même chef de l’Etat à Kribi, un autre éditorialiste de ce média d’Etat avait, certainement euphorique, célébré le bon état de santé du prince au point de dire, sans sourciller, que le président Biya était tellement en forme qu’il avait réussi le tour de passe de dépasser son propre cortége. A vélo.

Accueil Paul Biya récupère la rumeur
Sans goûter à la plaisanterie, le chef de l’Etat retourne la situation à son avantage.

 » Apparemment, il y a des gens qui s’intéressent à mes funérailles. Je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années… « . En prononçant ces propos aux micros de nos confrères des médias publics à sa descente d’avion hier aux environs de 16 heures, on ne saura peut être jamais si c’est le récent décès de l’ancien président américain, Ronald Reagan, à 93 ans, un âge vénérable, qui a inspiré le président Biya (dont l’âge officiel est de 71 ans). En attendant de savoir s’il compte encore rester au moins aux affaires jusqu’en l’an 2024, hier à l’aéroport de N’simalen, Paul Biya était vraiment mort. De rires. De sourires. A la sortie du pavillon présidentiel, il a déclaré : « Ce n’est pas un fantôme qui vous parle. J’étais en visite privée en Europe et j’ai appris que j’étais mort». Sûr de lui, il a continué : «Nous sommes une démocratie. Nous faisons des efforts pour développer l’économie. Le pays est stable. Nous n’avons pas que des amis…». De retour au pays, le président Biya n’entend pas se reposer de sitôt: « Nous allons inaugurer le pipeline Tchad-Cameroun dans les tous prochains jours à Kribi…C’est un signe que l’Afrique Centrale avance…».

Avec le recul, il est à peu près certain que le processus de récupération politique de cette méchante rumeur a été mis en place depuis les salons du 16ème étage de l’hôtel Intercontinental de Genève, où le chef de l’Etat avait pris ses quartiers avec sa famille et ses gardes du corps depuis le 29 mai dernier. Les relais locaux ayant fait leur travail depuis quelques jours à travers motions de soutiens et autres suppliques, l’on a donc pas été surpris de l’accueil populaire réservé au chef de l’Etat et à sa famille. Un accueil qui s’expliquait d’ailleurs par deux raisons essentielles: la mobilisation villageoise par les élites et, surtout, la curiosité des populations, pressées de voir elles-mêmes que celui que l’on annonçait pour décédé quelque part en Suisse n’était pas un fantôme. Dans ce contexte de  » retour de l’enfant prodige  » (ou prodigue, selon les cas), et autour de messages disposés le long du parcours du genre : « M. le président, n’ayez peur de rien ! », le chef de l’Etat s’en est donné à coeur joie: bains de foule improvisés dans divers coins de la ville, distributions tous azimuts de poignées de mains et larges sourires…Bref, communion avec ses partisans et des curieux sous le regard émus de nombreux thuriféraires du régime, entre-temps sortis du bois, et pressés de clamer, les yeux embués de larmes, que  » Le chef de l’Etat est vraiment aimé, adulé, idolâtré par le peuple tout entier… ».

Responsabilités

Au-delà de l’aspect festif, le retour dans la capitale, du chef de l’Etat, contraste avec l’ambiance délétère qui a prévalu au sein de l’opinion publique nationale et internationale dès la divulgation de cette rumeur en fin de semaine dernière. Une ambiance qui a laissé libre cours, au sein des populations, à des comportements pas toujours rationnels (repli vers les villages, disparition subite de hauts responsables, approvisionnement en vivres et en argent des populations apeurés, conciliabules tribaux, etc). A ce propos, il faut d’ailleurs constater que, contrairement aux tristes événements d’avril 1984, où la population s’était mobilisée pour défendre le jeune régime du Renouveau, ce scénario de débandade collective s’était déjà produit lors de l’explosion à Yaoundé de la poudrière du quartier général au mois de février 2001. Des actes qui dénotent très bien de l’évolution au fil des années du degré d’adhésion des citoyens vis-à-vis des institutions politiques actuellement en place. Des institutions qui sont régulièrement mises à mal par l’entourage immédiat du président, responsable, dans ce cas précis, de n’avoir pas pu (ou su) gérer la campagne de désinformation, au point de faire véhiculer, à son tour, une  » rumeur gouvernementale » imprécise dimanche dernier qui n’a pas du tout apaisé les esprits :

 » Le président est en bonne santé en Europe, et il revient au pays dans quelques jours « . Le même reproche peut être formulé à l’endroit des médias publics. Autour de leur patron Gervais Mendo Zé, les principaux responsables de la Cameroon Radio Television (Crtv) sont coupables d’avoir entretenu le flou à travers des émissions dithyrambiques au cours desquelles certains d’entre eux, pourtant présentés comme de « grands éditorialistes », n’ont pas manqué d’affirmer : « Comme un marathonien, le chef de l’Etat, âgé de 71 ans, avait effectué le dimanche matin une séance de sport (jogging) d’une durée de deux heures… « .

Il y a quelques années, commentant un séjour du même chef de l’Etat à Kribi, un autre éditorialiste de ce média d’Etat avait, certainement euphorique, célébré le bon état de santé du prince au point de dire, sans sourciller, que le président Biya était tellement en forme qu’il avait réussi le tour de passe de dépasser son propre cortége. A vélo.

Accueil Paul Biya récupère la rumeur
Sans goûter à la plaisanterie, le chef de l’Etat retourne la situation à son avantage.

 » Apparemment, il y a des gens qui s’intéressent à mes funérailles. Je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années… « . En prononçant ces propos aux micros de nos confrères des médias publics à sa descente d’avion hier aux environs de 16 heures, on ne saura peut être jamais si c’est le récent décès de l’ancien président américain, Ronald Reagan, à 93 ans, un âge vénérable, qui a inspiré le président Biya (dont l’âge officiel est de 71 ans). En attendant de savoir s’il compte encore rester au moins aux affaires jusqu’en l’an 2024, hier à l’aéroport de N’simalen, Paul Biya était vraiment mort. De rires. De sourires. A la sortie du pavillon présidentiel, il a déclaré : « Ce n’est pas un fantôme qui vous parle. J’étais en visite privée en Europe et j’ai appris que j’étais mort». Sûr de lui, il a continué : «Nous sommes une démocratie. Nous faisons des efforts pour développer l’économie. Le pays est stable. Nous n’avons pas que des amis…». De retour au pays, le président Biya n’entend pas se reposer de sitôt: « Nous allons inaugurer le pipeline Tchad-Cameroun dans les tous prochains jours à Kribi…C’est un signe que l’Afrique Centrale avance…».

Avec le recul, il est à peu près certain que le processus de récupération politique de cette méchante rumeur a été mis en place depuis les salons du 16ème étage de l’hôtel Intercontinental de Genève, où le chef de l’Etat avait pris ses quartiers avec sa famille et ses gardes du corps depuis le 29 mai dernier. Les relais locaux ayant fait leur travail depuis quelques jours à travers motions de soutiens et autres suppliques, l’on a donc pas été surpris de l’accueil populaire réservé au chef de l’Etat et à sa famille. Un accueil qui s’expliquait d’ailleurs par deux raisons essentielles: la mobilisation villageoise par les élites et, surtout, la curiosité des populations, pressées de voir elles-mêmes que celui que l’on annonçait pour décédé quelque part en Suisse n’était pas un fantôme. Dans ce contexte de  » retour de l’enfant prodige  » (ou prodigue, selon les cas), et autour de messages disposés le long du parcours du genre : « M. le président, n’ayez peur de rien ! », le chef de l’Etat s’en est donné à coeur joie: bains de foule improvisés dans divers coins de la ville, distributions tous azimuts de poignées de mains et larges sourires…Bref, communion avec ses partisans et des curieux sous le regard émus de nombreux thuriféraires du régime, entre-temps sortis du bois, et pressés de clamer, les yeux embués de larmes, que  » Le chef de l’Etat est vraiment aimé, adulé, idolâtré par le peuple tout entier… ».

Responsabilités

Au-delà de l’aspect festif, le retour dans la capitale, du chef de l’Etat, contraste avec l’ambiance délétère qui a prévalu au sein de l’opinion publique nationale et internationale dès la divulgation de cette rumeur en fin de semaine dernière. Une ambiance qui a laissé libre cours, au sein des populations, à des comportements pas toujours rationnels (repli vers les villages, disparition subite de hauts responsables, approvisionnement en vivres et en argent des populations apeurés, conciliabules tribaux, etc). A ce propos, il faut d’ailleurs constater que, contrairement aux tristes événements d’avril 1984, où la population s’était mobilisée pour défendre le jeune régime du Renouveau, ce scénario de débandade collective s’était déjà produit lors de l’explosion à Yaoundé de la poudrière du quartier général au mois de février 2001. Des actes qui dénotent très bien de l’évolution au fil des années du degré d’adhésion des citoyens vis-à-vis des institutions politiques actuellement en place. Des institutions qui sont régulièrement mises à mal par l’entourage immédiat du président, responsable, dans ce cas précis, de n’avoir pas pu (ou su) gérer la campagne de désinformation, au point de faire véhiculer, à son tour, une  » rumeur gouvernementale » imprécise dimanche dernier qui n’a pas du tout apaisé les esprits :

 » Le président est en bonne santé en Europe, et il revient au pays dans quelques jours « . Le même reproche peut être formulé à l’endroit des médias publics. Autour de leur patron Gervais Mendo Zé, les principaux responsables de la Cameroon Radio Television (Crtv) sont coupables d’avoir entretenu le flou à travers des émissions dithyrambiques au cours desquelles certains d’entre eux, pourtant présentés comme de « grands éditorialistes », n’ont pas manqué d’affirmer : « Comme un marathonien, le chef de l’Etat, âgé de 71 ans, avait effectué le dimanche matin une séance de sport (jogging) d’une durée de deux heures… « .

Il y a quelques années, commentant un séjour du même chef de l’Etat à Kribi, un autre éditorialiste de ce média d’Etat avait, certainement euphorique, célébré le bon état de santé du prince au point de dire, sans sourciller, que le président Biya était tellement en forme qu’il avait réussi le tour de passe de dépasser son propre cortége. A vélo.

10 juin, 2004 à 9:57 | Commentaires (0) | Permalien


Vincent Sosthène FOUDA, universitaire et écrivain camerounais

 Par Sebastien Ondoua

J’ai toujours adoré le parfum des livres, c’est un parfum qui me rappelle celui de la terre légèrement trempée. Pour moi, la vie serait certainement impossible sans les livres, sans ce parfum! Je dois tout aux livres, c’est en eux et avec eux que j’ai fait mes premiers voyages, c’est aussi grâce à eux que j’ai appris qu’il est possible d’immortaliser ceux qui nous ont marqué… »

On le surprend dans son bureau au troisième étage de l’Institut de la Communication Politique de Paris, rue saint Guillaume. Le parquet est jonché de livres, de coupures de journaux, il s’excuse et ramasse une brassée de livres sur la chaise réservée au visiteur et la range sur l’étagère. Vincent Sosthène FOUDA est à trente ans un homme qui court plus qu’il ne marche, entre préparation des cours de marketing politique ou de communication qu’il dispense, les nombreux articles qu’il rédige pour plusieurs revues et autres magazines, ses publications universitaires et aujourd’hui le roman, nous avons voulu savoir pourquoi une telle boulimie de la publication.

J’ai toujours adoré le parfum des livres, c’est un parfum qui me rappelle celui de la terre légèrement trempée. Pour moi, la vie serait certainement impossible sans les livres, sans ce parfum! Je dois tout aux livres, c’est en eux et avec eux que j’ai fait mes premiers voyages, c’est aussi grâce à eux que j’ai appris qu’il est possible d’immortaliser ceux qui nous ont marqué. Je pense notamment aux écrits de Marcel Pagnol qui me font penser à ma propre enfance, au milieu de mes sœurs, de mes parents qui m’ont tant donné.

Vous ne faites pas que lire, vous écrivez aussi…

Je suis journaliste de formation, et qui dit journalisme dit écriture mais il faut maintenant choisir quel genre d’écriture, j’ai commencé comme étudiant à rédiger des piges sportives puis j’ai écrit pour les magazines féminins, c’était plus facile comme étudiant de réaliser des interviews, j’ai pu ainsi vivre de ma passion. Puis je suis passé à autre chose, la rédaction des articles d’analyses et pour rester dans les livres je me suis essayé à la critique littéraire qui est un exercice fascinant qui vous permet de lire entre les lignes, de cerner le rythme d’écriture d’un auteur. C’est aussi à travers les autres, ces écrivains dont les ouvrages peuplent mon univers que j’apprends moi-même à écrire.

En novembre dernier, vous avez publié un ouvrage sur l’adoption?

Vaste sujet qu’est l’adoption ! les universitaires français marquent très souvent leur entrée dans le monde de la recherche en publiant leur thèse, j’ai découvert que ceci demande beaucoup de travail parce qu’il faut rendre accessible au grand public un travail de laboratoire alors j’ai choisi la méthode américaine, réfléchir sur un sujet tout autre, je suis passionné par la sociologie de la famille aussi est-ce sans surprise que mon premier ouvrage universitaire porte sur la notion de réussite ou d’échec dans la filiation adoptive. C’est un sujet d’actualité, les textes évoluent tous les jours, la société se métamorphose et nous impose un vocabulaire nouveau, un mode de pensée nouveau, le sociologue n’anticipe pas il suit, il analyse et livre la société telle qu’elle est avec ses doutes, ses angoisses, ses attentes et ses espoirs. C’est ce que fait cet ouvrage. Avec lui, je me suis mis la pression, je sais aujourd’hui que certaines personnes vont dans les librairies pour voir si j’ai publié autre chose entre temps, c’est excitant ! ça donne envie de travailler.

Etes-vous un homme qui vit dans l’angoisse et le doute?

Il n’y a pas très longtemps, j’ai découvert avec l’histoire qui est la mienne que je suis attiré par l’éphémère ! Les intellectuels que j’admire ont quitté la scène très tôt, ils n’ont fait qu’effleurer l’existence, comme si l’essentiel était ailleurs pour eux, je pense notamment à Simone Weil, David Diop. Je suis fasciné par la mort, cette absence de vie majestueuse, orgueilleuse, mais derrière cette fascination se terre l’angoisse existentielle, la peur de disparaître comme un vol d’oiseau sans laisser de trace. C’est certainement cette idée qui m’oblige à me faire violence tout en me faisant plaisir, prendre une feuille blanche et y laisser des traces avec un stylo, coucher sur une feuille des idées abstraites qui prennent une forme, la forme de la vie, le concret. Oui je connais l’angoisse et le doute.

Vous publiez pour cette rentrée littéraire votre premier roman déjà salué par vos pères comme « un des faits majeurs de cette rentrée », vous êtes avec la Sénégalaise Fatou Diome l’un des écrivains africains les plus cités dans le cercle de Saint Germain-des-pré. Parlez nous de la genèse de ce roman.

Vincent Sosthène FOUDA, universitaire et écrivain camerounais dans culture couv_sfoudaC’est une histoire banale comme il s’en déroule tous les jours dans les quatre coins de la planète, sauf que là elle ne passe pas inaperçue. Un vieil homme qui croit avoir tout donné raconte ce qu’à été sa vie à son petit fils, il lui parle du siècle passé, siècle dans lequel il a vu le jour, il jette, au soir de sa vie, un œil sur le siècle qui s’ouvre. C’est l’histoire banale d’un homme qui se veut d’ici, l’Occident avec sa carte d’identité, son monde universitaire, son petit monde d’africains en quête de vie, c’est aussi l’histoire d’un homme qui se veut de là-bas, de l’Afrique qui l’a vu naître, celle où reposent les siens. Mais ai-je vraiment parler de la genèse de ce roman? Dans le Rétroviseur est une interrogation sociologique sur le devenir de l’homme noir dans une société occidentale dans laquelle rien n’est fait pour qu’il ait une place. J’ai rencontré un jeune éditeur (Thélès) qui a bien voulu réunir toutes ces interrogations, je voudrais d’ailleurs lui dire merci. Alexandre Mare puisqu’il s’agit de lui dirige une maison d’édition à taille humaine, il vous pousse afin de donner le meilleur de vous. C’est important dans ce monde où la mondialisation oblige à ignorer ce qui se passe sous votre nez.

Vous sortez en même temps un ouvrage sur les médias et la politique en Afrique…

Autant je ne me considère pas comme un écrivain, je laisse volontiers cette place à ceux qui ont ce mérite, autant je pense qu’entant que chercheur j’ai le devoir de mettre à la disposition de la communauté scientifique les résultats des différentes recherches faites en Afrique dans des domaines divers et variés surtout que j’ai bénéficié de nombreuses bourses. Les Médias et la Politique en Afrique est un ouvrage de sociologie politique qui situe à partir des enquêtes de terrain les liens qui existent entre ces deux instruments de mobilisation et de socialisation que sont les médias et le politique.

Il y a une omniprésence du Cameroun dans vos écrits, quel rapport entretenez-vous avec votre pays d’origine?

Un rapport d’amour ! Tout ce qui touche au Cameroun m’émeut, tout ce qui touche au Cameroun m’intéresse. La mort de Marc Vivien Foé comme le décès d’une trentaine de jeunes camerounais au retour d’un match de championnat de vacances à Obala. C’est aussi les succès au quotidien de mes compatriotes dans le monde universitaire, dans le monde économique et j’en passe. Je suis d’une génération qui a un autre rapport avec la terre de nos ancêtres, expression qui revient dans l’hymne national du Cameroun, je suis un fils du père Engelbert Mveng à qui j’ai d’ailleurs dédié mon ouvrage sur les médias et la politique en Afrique noire. Je serai au Cameroun dans les prochains mois pour une signature de trois de mes ouvrages que je n’ai pas encore eu le temps de présenter aux lecteurs camerounais. Je compte aussi prendre des enseignements dans une université camerounaise bientôt. J’ai une dette envers mon pays et je ne crois pas être le seul dans ce cas.

Pour terminez, je vous demanderez de nous dire si vous avez un livre de chevet?

(…) Les Essais de Montaigne, j’aimerais comme le maire de Bordeaux passer mon existence mouvementée sans fracas, mais je sais aussi que je ne serai jamais l’auteur du bréviaire des honnêtes gens de mon pays. Le plus important pour moi c’est d’avancer non pas en eau trouble ! non vers la terre ferme et dans le visage triste d’un enfant y mettre un peu de joie.

25 mars, 2004 à 11:46 | Commentaires (0) | Permalien


CAN 2004: Le triomphe de la Tunisie, la victoire du Maghreb

La victoire de la Tunisie, sa première, en Coupe d’Afrique des nations 2004 de football à l’issue d’une finale bien maîtrisée face au Maroc (2-1), samedi, est la conclusion d’un tournoi marqué par la renaissance du football maghrébin et celle d’un homme, Roger Lemerre…

Le sélectionneur des Aigles de Carthage, sans déroger à des principes qu’il a assénés sans relâche à ses joueurs depuis qu’il est en Tunisie, peut en effet savourer une douce revanche, vingt mois après une sortie par la petite porte avec l’équipe de France au Mondial 2002.

Sans stars mais diablement soudée, avec le soutien déterminant de ses supporteurs dans les matches couperets, la Tunisie a réussi à aller chercher un titre auquel le pays n’osait pas croire.

Riadh Bouazizi, capitaine de la Tunisie pour cette finale en l’absence de Khaled Badra, suspendu, incarne cette Tunisie combative qui a quand même sorti le Sénégal, finaliste en 2002, et le Nigeria, double détenteur de la CAN, avant, finalement, de s’offrir le Maroc.

Lions fatigués

Les Lions de l’Atlas, fatigués, ont payé en finale les efforts déployés lors d’un très beau parcours, débuté par une victoire sur le Nigeria (1-0). « Le grand gagnant, aujourd’hui, c’est le football arabe », a commenté le sélectionneur marocain Badou Zaki, associant aux deux équipes maghrébines de la finale l’Algérie qui, portée par ses nombreux supporteurs, a réalisé une superbe Coupe d’Afrique des nations.

Le Maghreb prend le relais de l’Afrique noire qui, en 2002, avait damé le pion aux Africains du nord.

Mais les Lions indomptables du Cameroun, vainqueurs des deux éditions précédentes, n’avaient plus les canines très affûtées. Accrochés déjà deux fois au premier tour, par l’Algérie (1-1) puis l’Egypte (0-0), les Camerounais, qui avaient remporté l’édition 2002 sans encaisser de but, ont surtout été victimes d’une arrière-garde défaillante.

Le Sénégal version Guy Stéphan, après une année 2002 où il avait atteint la finale de la CAN puis les quarts de finale du Mondial 2002 sous la baguette de Bruno Metsu, a lui aussi été largement en deçà des espérances. A la déception de ne jamais avoir trouvé le bon rythme au 1er tour (1 victoire, 2 nuls) s’est ajoutée celle de perdre ses nerfs en quarts de finale contre la Tunisie (0-1).

Comme ces deux grands, l’Afrique du Sud et l’Egypte, anciens vainqueurs éliminés dès le premier tour dans des groupes difficiles, n’ont pas été à la hauteur.

Absentéisme

Le Nigeria, qu’on n’attendait pas à pareille fête après une défaite initiale face au Maroc (0-1) et l’exclusion pour indiscipline de trois éléments importants (Babayaro, Agali, Aiyegbeni), a en revanche réalisé un joli parcours, ne chutant qu’aux tirs au but face à la Tunisie. Le Nigeria, en terminant 3e, a fait aussi bien qu’en 2002 alors qu’Okocha a été désigné meilleur joueur du tournoi.

Le Mali a lui aussi confirmé sa quatrième place de 2002, même si la lourde défaite contre le Maroc (0-4) en demi-finale a gâché un peu le plaisir de Frédéric Kanouté et se coéquipiers.

La Guinée du vétéran toujours vert Titi Camara, quart de finaliste, et le Rwanda, qui s’est offert une prestigieuse victoire sur la RD Congo (1-0) pour sa première participation, sont aussi repartis satisfaits.

Avec 88 buts, le tournoi est un bon cru, pas très loin du record établi en 1998 au Burkina Faso (93).

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

Sans stars mais diablement soudée, avec le soutien déterminant de ses supporteurs dans les matches couperets, la Tunisie a réussi à aller chercher un titre auquel le pays n’osait pas croire.

Riadh Bouazizi, capitaine de la Tunisie pour cette finale en l’absence de Khaled Badra, suspendu, incarne cette Tunisie combative qui a quand même sorti le Sénégal, finaliste en 2002, et le Nigeria, double détenteur de la CAN, avant, finalement, de s’offrir le Maroc.

Lions fatigués

Les Lions de l’Atlas, fatigués, ont payé en finale les efforts déployés lors d’un très beau parcours, débuté par une victoire sur le Nigeria (1-0). « Le grand gagnant, aujourd’hui, c’est le football arabe », a commenté le sélectionneur marocain Badou Zaki, associant aux deux équipes maghrébines de la finale l’Algérie qui, portée par ses nombreux supporteurs, a réalisé une superbe Coupe d’Afrique des nations.

Le Maghreb prend le relais de l’Afrique noire qui, en 2002, avait damé le pion aux Africains du nord.

Mais les Lions indomptables du Cameroun, vainqueurs des deux éditions précédentes, n’avaient plus les canines très affûtées. Accrochés déjà deux fois au premier tour, par l’Algérie (1-1) puis l’Egypte (0-0), les Camerounais, qui avaient remporté l’édition 2002 sans encaisser de but, ont surtout été victimes d’une arrière-garde défaillante.

Le Sénégal version Guy Stéphan, après une année 2002 où il avait atteint la finale de la CAN puis les quarts de finale du Mondial 2002 sous la baguette de Bruno Metsu, a lui aussi été largement en deçà des espérances. A la déception de ne jamais avoir trouvé le bon rythme au 1er tour (1 victoire, 2 nuls) s’est ajoutée celle de perdre ses nerfs en quarts de finale contre la Tunisie (0-1).

Comme ces deux grands, l’Afrique du Sud et l’Egypte, anciens vainqueurs éliminés dès le premier tour dans des groupes difficiles, n’ont pas été à la hauteur.

Absentéisme

Le Nigeria, qu’on n’attendait pas à pareille fête après une défaite initiale face au Maroc (0-1) et l’exclusion pour indiscipline de trois éléments importants (Babayaro, Agali, Aiyegbeni), a en revanche réalisé un joli parcours, ne chutant qu’aux tirs au but face à la Tunisie. Le Nigeria, en terminant 3e, a fait aussi bien qu’en 2002 alors qu’Okocha a été désigné meilleur joueur du tournoi.

Le Mali a lui aussi confirmé sa quatrième place de 2002, même si la lourde défaite contre le Maroc (0-4) en demi-finale a gâché un peu le plaisir de Frédéric Kanouté et se coéquipiers.

La Guinée du vétéran toujours vert Titi Camara, quart de finaliste, et le Rwanda, qui s’est offert une prestigieuse victoire sur la RD Congo (1-0) pour sa première participation, sont aussi repartis satisfaits.

Avec 88 buts, le tournoi est un bon cru, pas très loin du record établi en 1998 au Burkina Faso (93).

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

La Guinée du vétéran toujours vert Titi Camara, quart de finaliste, et le Rwanda, qui s’est offert une prestigieuse victoire sur la RD Congo (1-0) pour sa première participation, sont aussi repartis satisfaits.

Avec 88 buts, le tournoi est un bon cru, pas très loin du record établi en 1998 au Burkina Faso (93).

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

La Guinée du vétéran toujours vert Titi Camara, quart de finaliste, et le Rwanda, qui s’est offert une prestigieuse victoire sur la RD Congo (1-0) pour sa première participation, sont aussi repartis satisfaits.

Avec 88 buts, le tournoi est un bon cru, pas très loin du record établi en 1998 au Burkina Faso (93).

Le public, particulièrement à Tunis, s’est en revanche illustré par son absentéisme sur certains matches, au grand dam de certaines équipes comme le Burkina, la Guinée ou même le Sénégal qui ont joué devant des gradins quasiment déserts à El Menzah.

Le bon parcours de la Tunisie a heureusement réveillé le pays qui, après la victoire des siens, a pu se laisser aller à sa joie, samedi.

14 février, 2004 à 20:15 | Commentaires (0) | Permalien


Propositions: Lettre de Réformes à M. Abah Abah Polycarpe, ministre de l’Economie et des Finances

 

YAOUNDE – 21 janvier 2004
© Mutations

 Propositions: Lettre de Réformes à M. Abah Abah Polycarpe, ministre de l’Economie et des Finances dans economie cin_folder_hot

De l’urgence d’impulsion du capital-investissement dans le financement de l’Economie.

1 – Structure de financement des entreprises et design d’un système bancaire et financier

Chaque entreprise a besoin durant son cycle de vie de combiner les fonds propres et les fonds empruntés pour financer de façon adéquate ses activités (investissements et exploitation). La répartition entre les deux types de financements révèle la nature et la qualité de la structure financière de l’entreprise. Le design du système bancaire et financier d’un pays doit permettre de satisfaire aussi bien les besoins en fonds propres que les besoins en fonds empruntés des entreprises. Le schéma ci-après spécifie la structure fondamentale d’un système bancaire et financier par rapport aux besoins de financement des entreprises et de l’économie.

Un système bancaire et financier adéquat pour le financement de l’économie doit avoir quatre (4) composantes complémentaires et équilibrées: (i) les institutions du capital-investissement qui offrent des fonds propres et des fonds d’emprunt sous la forme des quasi-fonds propres; (ii) les institutions boursières qui permettent d’accéder aux fonds propres et aux fonds d’emprunt sous forme d’emprunts obligataires ; (iii) les institutions du marché des titres de créances négociables (Tcn) qui permettent d’accéder aux fonds d’emprunt uniquement; et (iii) les établissements de crédit (y compris la banque centrale et les institutions de microfinance) qui offrent les fonds d’emprunt sous forme de crédits et marginalement des fonds propres. Dans un tel système bancaire et financier, chaque entreprise a trois principales possibilités pour structurer son financement en fonction de ses besoins et de sa position dans son cycle de vie (création, développement, transmission): (a) faire appel privé à l’épargne (marché du non-coté ou du private equity) en s’adressant aux institutions du capital-investissement ; (b) faire appel public à l’épargne (marché du coté ou du public equity) en s’adressant aux institutions boursières ; et (c) faire recours au crédit en s’adressant aux établissements de crédit. Qu’en est-il du système bancaire et financier du Cameroun ou plus largement de la Cemac?

2– Principales variables explicatives de l’inadéquation du système bancaire et financier du Cameroun ou de la Cemac en général

En référence au modèle pertinent ci-dessus, le système bancaire et financier camerounais ou plus largement de la Cemac est structurellement multi-lacunaire, avec une composante mal organisée (marché bancaire), une composante encore en balbutiement (marché boursier), une composante inexistante (marché de titres de créance négociables) et une composante simplement méconnue et réprimée (marché du capital-investissement). Avec un système bancaire et financier structurellement multi-lacunaire, les notions d’équilibre et de complémentarité entre les composantes ainsi que le concept de cohérence d’ensemble ne sont pas envisageables, et son efficacité pour le financement de l’économie ne peut être que très limitée. Quelles peuvent être les variables explicatives d’un marché bancaire inadapté, d’un marché du capital-investissement méconnu et réprimé et d’un marché boursier dont l’organisation en cours reste sur une mauvaise trajectoire?

(i) Un système bancaire fondamentalement extraverti et sous le contrôle de la France. Le financement bancaire est souvent mal apprécié par vos services et le Gouvernement parce que fondé uniquement sur des statistiques de crédits intérieurs ignorant les crédits bancaires internationaux. Le tableau 1 ci-après retrace l’évolution récente du financement bancaire du Cameroun de 2000 à 2004, compte non tenu de l’apport des institutions de microfinance qui restent injustement exclues des services publics offerts par la Beac. Les crédits bancaires internationaux sont constamment supérieurs aux crédits intérieurs soit 56% en 2000 et 52% en 2004. L’Etat ne bénéficiant quasiment pas de crédits bancaires internationaux, l’on peut légitimement dire que l’économie est plus financée de l’extérieur (65% en 2000 et 59% en 2004) que de l’intérieur. Sachant que le marché bancaire local est contrôlé par les filiales des banques étrangères (81% en 2000 et 77% en 2004), alors les banquiers extérieurs contrôlent plus de 90% du financement de l’économie camerounaise: c’est cela un système bancaire fondamentalement extraverti et porté par les entrepreneurs étrangers.

Le financement bancaire du Cameroun est effectivement contrôlé par la France à travers deux canaux: les banques commerciales françaises et le trésor français avec l’assistance de la Banque de France. Premièrement, les banques françaises contrôlent en moyenne 61% des crédits internationaux et 65% des crédits intérieurs à l’économie. Ainsi, le marché bancaire est contrôlé à plus de 60% directement de Paris par les banques françaises. Les politiques de crédit des trois filiales des banques françaises qui contrôlent le marché, c’est-à-dire la Sgbc, la Bicec et le Clc, sont définies à Paris dans l’intérêt de l’économie française et non celle du Cameroun, et leurs fondés de pouvoirs locaux que vous invitez dans vos concertations n’ont qu’un rôle de mise en oeuvre. Deuxièmement, la Beac est contrôlée par le ministère français de l’économie, des finances et de l’industrie à l’aide des accords de coopération monétaire qui sont gérés par le trésor français et la Banque de France. La nature rentière et passive de la politique monétaire de la Beac (absence d’un conseil de politique monétaire et concentration du pouvoir entre les mains du seul gouverneur) garantie le maintien de l’étroitesse du marché intérieur du crédit dans l’intérêt de la préservation du quasi-monopole des banques françaises.

Vous avez lancé le 13 juin 2005 un appel aux banques pour qu’elles baissent leurs taux d’intérêts en cohérence avec les propos ci-après du Gouverneur de la Beac: «Les organes de décision de la Beac, à savoir le conseil d’administration et le comité ministériel m’ont demandé de faire en sorte que le crédit ne soit pas aussi cher. J’ai répondu que la Banque centrale n’a aucun moyen juridique d’exercer les pressions sur les banques. Il appartient aux autorités monétaires, c’est-à-dire aux ministres de l’économie et des finances de ramener leurs banques à la raison.» (Cameroon Tribune du 13 janvier 2004, page 5). Vous cautionnez ainsi, comme une simple caisse de résonance, l’inconsistance technique habituelle du Gouverneur de notre banque centrale néo-coloniale, préservatrice du quasi-monopole français et de la répression monétaire. Les taux d’intérêt des banques ne sont que des prix résultant de l’extrême étroitesse, du cloisonnement et de l’opacité du marché intérieur du crédit y compris le marché connexe des garanties où prédomine l’asymétrie d’information. C’est donc l’organisation, l’administration et la régulation du marché du crédit qui sont déficientes. Une banque centrale normale doit prioritairement s’en préoccuper dans une quête permanente de l’efficacité de sa politique monétaire pour laquelle le marché du crédit constitue le canal privilégié de transmission de ses actions à l’économie réelle. Si vous avez conscience de votre responsabilité d’autorité monétaire et Financière nationale, et si vous êtes réellement déterminés à opérer une mutation quantitative et qualitative du financement de l’économie par le crédit, nous vous recommandons les trois actions concrètes et prioritaires ci-après qui visent expressément l’approfondissement, le décloisonnement et la fluidification du marché intérieur du crédit: (1) initier formellement les démarches techniques et politiques de suppression de la tutelle monétaire française par une réforme systématique des accords de coopération monétaire et de la gouvernance de la Beac; (2) initier toutes les procédures nécessaires pour l’intégration immédiate de nos 260 établissements de microfinance dans le système bancaire en institutionnalisant leur accès total aux services publics offerts par la Beac notamment l’ouverture et la gestion de leurs comptes courants, la centralisation des risques de crédit, la centralisation des incidents de paiement y compris la liste noire des délinquants bancaires, le refinancement et la compensation des titres de paiement; (3) engager toutes les démarches et réformes réglementaires nécessaires pour une régulation effective du marché du crédit intégré par la Cobac, la Beac et le Minefi.

(ii) Un déficit important d’expertise et de leadership du Gouvernement et de l’administration. La variable explicatrice motrice de l’inadéquation du système bancaire et financier est le déficit important d’expertise et de leadership du Gouvernement camerounais et de l’administration de l’Etat en matière bancaire et financière. Ce déficit fait que le Gouvernement ne dispose pas d’un modèle de système bancaire et financier approprié au pays et à la Cemac qui soit auto-entretenu en fonction des mutations scientifiques, technologiques, techniques, économiques et sociales. Ce déficit d’expertise et de leadership favorise non seulement l’extraversion et le contrôle du système bancaire et financier par la France, mais aussi, justifie la non effectivité du marché boursier d’une part, et la méconnaissance et la répression du marché du capital-investissement d’autre part. Il n’est un secret pour aucun observateur averti que la mise en place du marché financier du Cameroun est sur une mauvaise trajectoire. Le nouveau directeur général que vous avez nommé n’a pas le profil requis et l’ensemble de la gouvernance d’entreprise de la Douala Stock Exchange (Dsx) demeure médiocre. Cette plate-forme boursière ne rassure ni les investisseurs, ni les émetteurs potentiels et encore moins les potentiels membres prestataires de services d’investissement. Le gouvernement étant incapable de changer d’attitude et de pratiques opérationnelles, l’unique voie crédible (et même incontournable à terme) de sauvetage de la Dsx que nous recommandons est la fusion avec la Bourse Régionale (Bvmac). Un entretien avec Alexandre Gandou, Président de la Commission de Surveillance du marché financier de l’Afrique Centrale (Cosumaf) devrait créer un contexte favorable à cet égard. En ce qui concerne l’industrie du capital-investissement qui est déterminant pour le financement de l’économie par sa complémentarité aussi bien avec le marché boursier qu’avec le marché bancaire, sa méconnaissance et sa répression de fait au Cameroun et dans la Cemac, sont particulièrement préoccupantes et exigent que l’on s’y penche en conséquence.

Par Babissakana

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24 janvier, 2004 à 17:39 | Commentaires (0) | Permalien


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